21
Janvier

Luttes environnementales & sociétales actuelles, champs d’expérimentation des répressions policières & judiciaires ?

Publié dans Communiqués de presse

Depuis la manifestation du 22 février 2014 à Nantes, de nombreux événements ont marqué les esprits, mêlant violence et répression, interprétations média-tiques et réactions citoyennes.

 

Ce mélange des vécus, cette profusion d’informations, dont les sources sont souvent à requalifier, ont de réelles répercussions sur nos opinions personnelles.

 

C’est dans un souci de transparence et de vérité, pour permettre à chacun de participer à un débat citoyen éclairé, que la Coordination des organisations des opposants à Notre Dame des Landes prépare depuis octobre une soirée débat, sous forme de table ronde dont la pierre angulaire sera la prise de parole d’invités afin de se créer une culture commune

 

Au-delà des clivages institutionnels, la problématique sous-jacente aux luttes environnementales actuelles est de devoir subir la répression policière et judiciaire. En sont-elles un champ d’expérimentation ? Comment s’articulent dans ce contexte le respect des libertés individuelles, la protection des citoyens et les mesures de répression ?

 

Si notre démarche a débuté en septembre par une lettre ouverte aux députés et sénateurs à l’occasion d’une loi «  anti-terroriste » votée en novembre 2014, elle a été bousculée par les événements graves qui marquent cette fin d’année et ce mois de janvier endeuillé.

 

Ce contexte pose à nouveau la question : «  plus de sécurité contre moins de liberté ? » et mérite d’être mis en lumière par ces trois interventions suivies d’un débat citoyen :

  • Laurence Blisson, Secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature.
  • Un(e) membre de la Ligue des Droits de l’Homme.
  • Luc Douillard, Obslab-Nantes, soutien aux blessés par la police.  

Cette table ronde du 4 février 2015 sera animée par le journaliste, Nicolas de La Casinière.


Salle Jean-Jaurès – rue Jean-Jaurès

La Chapelle sur Erdre.  20h30

Organisation : coordination des organisations  opposées à Notre Dame des Landes

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Se rendre Salle Jean Jaurès La Chapelle sur Erdre: informations, cliquez ici

 

Téléchargement de l'affichette, du flyer et de la lettre aux parlementaires en bas de page.

 

04
Décembre

Un an ferme pour un fumigène, combien pour une grenade offensive mortelle ?

Publié dans Communiqués de presse

L'ACIPA, interloquée par le triste sort infligé en prison à Enguerrand Delanous (condamné suite à la manifestation du 22 février à Nantes), souhaite lui faire part de son soutien alors qu'il s'est vu refuser plusieurs demandes de sortie pour entretien d'embauche notamment. Refusée aussi sa libération anticipée malgré l'avis positif du juge d'application des peines. En novembre, il n'aura pas pu accéder à l'emploi qu'il avait décroché. Le Parquet a tout bloqué.

 

L'ACIPA en appelle aux pouvoirs publics afin qu'ils prennent bien la mesure des effets provoqués par la répression policière et judiciaire pour lesquelles ils ont opté.

Sentence hors pair et constat inquiétant : d'un « trouble à l'ordre public » on passe à l'ordre public qui créé le trouble.

Quelle soit pratiquée sur l'espace public ou en cellule, la criminalisation éclabousse l'Etat.

Le fouet ou le bagne n'existent heureusement plus mais l'effet Notre Dame des Landes n'inspirerait-il pas certains usages aux relents inquiétants ?

 

L'ACIPA déclare qu'aucune « thérapie » ne viendra à bout de la prise de conscience de la population face à laquelle un projet d'aéroport est maintenu contre tout bon sens économique, écologique et humain.

 

L'ACIPA s'étonne que, à l'heure où la question de la surpopulation carcérale resurgit, avec mandat donné au député PS Monsieur Dominique Raimbourg, les situations comme celle d'Enguerrand ne puissent pas être résolues avec diligence et humanité.

 

18
Septembre

Lettre ouverte aux députés et sénateurs à propos de la répression des mouvements sociaux

Lettre ouverte aux députés et sénateurs à propos de la répression des mouvements sociaux, à l'occasion de l'examen en procédure d'urgence du projet de loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme. (Examinée et votée en première lecture par l'Assemblée Nationale le 18 Septembre 2014)

 

Mesdames, Messieurs les député-es et sénateurs,

 

Vous êtes sollicité-e-s pour examiner ce 18 septembre, en procédure d'urgence, un projet de loi censé renforcer la lutte anti-terroriste en France. A cette occasion, nous nous adressons à vous, en tant que citoyens, militants, associations, collectifs ou syndicats engagés contre le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes.

 

Depuis plus de trente ans, des lois anti-terroristes ont été votées en France, (la dernière en décembre 2012) sous le sceau de l'urgence et de l'exception permanente, militarisant parfois l'espace public (plan Vigipirate) et érodant les libertés publiques. La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) - arrêt Klass c. Allemagne _1978 - rappelle : « Consciente du danger inhérent à pareille loi de surveillance, de saper, voire de détruire, la démocratie au motif de la défendre, la Cour affirme que les États ne sauraient prendre, au nom de la lutte contre l'espionnage et le terrorisme, n'importe quelle mesure jugée par eux appropriée » *

 

Ce projet de loi joue sur l'émotion, avec comme porte d'entrée commode la lutte contre les réseaux islamistes. Le droit français a une conception très large des actes de 'terrorisme', incluant de nombreuses infractions aux biens, alors que la conception onusienne met au cœur du terrorisme les attaques délibérées et indéterminées contre les civils avec l'intention de tuer. Le projet introduit ainsi la notion d'«entreprise individuelle terroriste» et crée un délit d'intentionnalité, il octroie des moyens étendus pour des écoutes et l'intrusion dans les ordinateurs privés, permet d'isoler des individus en les assignant à résidence dans des lieux reculés ou encore permet de faire fermer les sites d'information indépendante sous prétexte de contenu "séditieux" en poursuivant ceux et celles qui les consultent. Le glissement vers le Code Pénal d'infractions relevant traditionnellement du droit de la presse, déjà largement entamé, permettra l'assimilation d'écrits revendicatifs, contestant l'organisation sociale ou l'ordre établi, à des actes de terrorisme ou à l'apologie du terrorisme Son application pourrait servir à museler demain encore davantage toutes les formes de contestations sociales, touchant l'ensemble de la population.

 

Comme acteurs de la lutte contre l'aéroport de Notre Dame des Landes, nous savons de quoi nous parlons lorsque nous refusons l'augmentation et le durcissement d'outils liberticides. Notre mouvement fait face à une répression continue avec des dizaines de procès au cours des dernières années, des peines de prison, interdictions de territoire et amendes, blessures nombreuses et mutilations définitives par les armes de la police, extension de l'utilisation du fichage et de la vidéosurveillance. Ces mesures se sont encore intensifiées ces derniers mois.

 

L'arsenal sécuritaire, renforcé sous le précédent gouvernement s'est banalisé : extension incontrôlée du fichage génétique ; pénalisation systématique du refus de prélèvement ADN ; délit de participation à un attroupement armé, cette résurgence aggravée de la loi anti-casseurs qui criminalise les manifestations ; utilisation de la DGSI comme police politique pour désigner des coupables et étayer les procédures d'inculpation, mais sans que la défense puisse accéder aux sources.

 

Nous connaissons la même répression que les faucheurs d'OGM, les militants de la Confédération Paysanne en lutte contre la ferme-usine des 1000 vaches , les militants anti-pub, les étudiants anti-CPE, les sans-papiers.... Les dispositifs répressifs en recrudescence, loin de toucher seulement les mouvements sociaux, sont aussi utilisés quotidiennement contre les populations précarisées et dans les quartiers défavorisés pour asseoir les politiques libérales et l'injustice sociale.

 

Ce partage de la répression ne saurait nous étonner puisque nous partageons l'engagement dans le combat contre la destruction du vivant et des formes de solidarité sociale, contre l'accaparement des biens communs, contre des choix politico-industriels dictés par la recherche illimitée du profit, au mépris des travailleurs-euses, paysan-ne-s et habitant-e-s. Nous refusons le traitement que nous valent nos actions collectives, faites parfois de colère ou inspirées par la détresse, parfois de démonstrations aussi pacifiques que symboliques. Nous dénonçons un usage étendu d'armes dites « non létales » qui éborgnent ou blessent gravement de plus en plus régulièrement les manifestant-e-s. Puis sur le plan pénal les procédures hâtives : garde- à-vue, fichage génétique, déferrement et comparution immédiate. Nous dénonçons cette justice expéditive que nous subissons, génératrice d'emprisonnement, désastreuse pour les droits de la défense, qui cherche avant tout à faire des exemples et à briser notre détermination, en vain. Nous appelons en ce sens tous les mouvements émancipateurs à s'unir contre la répression et à lui donner des réponses toujours plus larges et fortes, en premier lieu en continuant à lutter sans se laisser intimider.

Nous sommes solidaires en ce sens de celles et ceux qui, dans le Val de Susa, luttent contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin et qui sont aujourd'hui très largement désignés comme terroristes par le gouvernement italien. Cinq d'entre eux sont menacés là-bas d'une vingtaine d'années de prison à ce titre. Nous sommes fiers de nos engagements et refusons que ce même type de procédés puisse arriver ici et être utilisé un jour contre nous.

 

Mesdames et Messieurs les députés, nous vous demandons donc de refuser le vote de cette loi, qui sous couvert de lutte anti-terroriste, veut mettre en place des dispositifs pénaux extrêmement dangereux. Nous vous appelons à refuser d'appuyer cette surenchère sécuritaire qui menace toujours, toujours plus les actes et pensées contestataires, ainsi que l'ensemble des libertés publiques.

 

Contact : Geneviève Coiffard-Grosdoy : 06 80 84 19 89

Cette loi est maintenant définitivement adoptée, mais le contenu de la lettre au sujet de la répression garde toute sa pertinence, c'est pourquoi nous continuons à collecter des signatures

Par mail à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou papier : ACIPA BP 5 44130 Notre-Dame-des-Landes

 

 

Premières signatures :

 

Membres (locaux ou nationaux) de la coordination des opposants au projet d'aéroport à Notre Dame des Landes :
ACIPA
ADECA
AEI (Alliance Ecologiste Indépendante)
Attac France
Confédération Paysanne 44
Coordination Action Non Violente Arche Lanza del Vasto
Ensemble !
Europe Ecologie les Verts - Pays de La Loire.
Mouvement des Objecteurs de Croissance (MOC)
M'PEP (mouvement politique d'éducation populaire)
Rezé à Gauche Toute
Parti de Gauche 44
Solidarités Ecologie
Union Départementale Solidaires

 

Collectifs de soutien à Notre Dame des Landes
Collectif Alsace de soutien à Notre-Dame-des-Landes
Comité 18 de soutien aux opposants de NDDL, de Bourges
Comité de soutien La Chapelle/Erdre 44
Comité Anti-Répression Issu de la Lutte Anti-aéroport.
Des Occupant-e-s de la Zad.

 

Personnes, élu-e-s ou ancien-ne-s élu-e-s,

Agostini Mathieu
Belaud Agnès
Billet François
Burckel Christine
Coiffard-Grosdoy Geneviève
Debost Elen
Denigot Gilles
Giroire Pierre
Guist’hau Elisabeth
Lebouteux Geneviève
Leparoux Thérèse
Loirat Isabelle
Macé Janine
Mengant Michèle
Morel Darleux Corinne
Pajot Catherine
Quéraud Didier
Testard Jacques
Trotté Philippe
Verchère Françoise
Vrain Bertrand

 

Actualisé 27 janvier 2015

 

*http://hudoc.echr.coe.int/sites/eng/pages/search.aspx?i=001-62068#{%22itemid%22:[%22001-62068%22]}

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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