19
Décembre

Projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO). Pourquoi je n’y crois pas - René Leblanc

Lettre ouverte à  Monsieur Jacques Auxiette
Président du Syndicat Mixte Aéroportuaire (SMA)
Hôtel de la Région- 1 rue de la Loire
44000 Nantes

OBJET : Projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO). Pourquoi je n’y crois pas.


L’an passé, 36 Grands élus de l’Ouest appartenant à l’actuelle majorité, qualifiaient les opposants au Projet NDDL « d’activistes radicaux et violents » et justifiaient ainsi un déploiement massif de CRS et de gardes mobiles (plus de 600 fonctionnaires lourdement équipés) sur le site de Notre Dame des Landes. Vous-même, pour faire bonne mesure, surenchérissiez, accusant des opposants de criminels et d’apôtres de la décroissance. Et, aujourd’hui, poursuivant de votre mépris ces mêmes opposants, vous y allez de votre coutumière arrogance en parlant (sic) de siffler la fin de la récré.

 Si les mots ont un sens, je vous répondrai, Monsieur le Président, que tout ce qui est excessif est dérisoire.
En effet, depuis l’an dernier j’ai beaucoup réfléchi et analysé ce projet et malheureusement ai constaté tant d’incohérences, de mépris, d’arrogance, de contre-vérités, de contradictions et de mensonges de la part de ces grands élus que j’en viens à m’inquiéter devant tant d’ignorance et/ou de mauvaise foi de leur part et de la vôtre qui en êtes le porte étendard.

Alors qu’à longueur de colonnes de la presse régionale quotidienne, des lettres d’information de la Région Bretagne, du Conseil Général 35, de la Ville de Rennes ou du magazine de Rennes Métropole, ces élus mettent en garde nos concitoyens sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique et notamment sur l’impérieuse nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre (CO2 notamment, voire CH4), ils voudraient, en parfaite contradiction avec leurs grands principes, faire rêver les citoyens électeurs en ne jurant que par des décollages toujours plus nombreux, dans des jumbos toujours plus gros, leur promettant tellement d’emplois et de bonheur à la clé avec NDDL.

Hélas, devrais-je vous apprendre, Monsieur le Président, que l’or noir (molécules hydrocarbonées constituées de carbone et d’hydrogène) qui s’est constitué dans le sous-sol de notre planète terre, au cours de millions d’années, et dont le début de l’extraction ne remonte qu’au milieu du XIX siècle, a été consommé :

- en un siècle (1860-1960), pour un équivalent de 200 milliards de TEP (Tonnes Equivalents Pétrole),

- au demi-siècle suivant (1960-2010), pour un équivalent de 1000 Milliards de TEP (soit un multiple/an de 10)

- et aujourd’hui, la consommation annuelle atteint 32 milliards de TEP. (4 Tonnes/ habitant de la planète)

Ainsi, même à niveau constant, 1600 milliards de TEP seraient consommées au cours des 50 prochaines années. Or l’évaluation prouvée des réserves n’est pas supérieure à 1400 milliards de TEP, soit 40 années de consommation, les extractions devenant, par ailleurs, de plus en plus complexes et coûteuses. Et ensuite ? Y avez-vous seulement réfléchi, Monsieur le Président, ou l’ignorez-vous ? Si tel était le cas, je vous conseillerais, après la fin de la récré que vous prétendez perfidement siffler, de vous inscrire, de toute urgence, à des cours périscolaires sur ce problème et qui ne manquent pas d’être dispensés, je suppose, dans les écoles élémentaires de la Région des Pays de Loire.

Mais ce n’est pas tout, Monsieur le Président. Sachez que tout dérivé hydrocarboné (quelle que soit la longueur de sa chaîne), est précisément transformé en CO2 et H2O lors de sa combustion. Ce n’est que de la chimie élémentaire. Or, la quantité globale de C02 émis aujourd’hui par notre consommation excessive de ces dérivés est telle que la nature n’arrive plus à les absorber par la photosynthèse. Les excédents gigantesques sont largement responsables des dérèglements climatiques mondiaux (dérèglements multipliés par quatre au cours des seules 5 dernières années) ainsi que de l’acidification des océans, avec leurs conséquences dramatiques, à moyen terme, pour la survie des espèces aquatiques. La ville de Nanjing en Chine (10 millions d’habitants) a vécu un épisode douloureux très récemment liée à la pollution par micro-particules. Chez nous, Paris et de grandes villes de province viennent de connaître des problèmes graves qui ne feront que s’accroître si nous ne faisons pas évoluer nos comportements. Le saviez-vous ? Alors que l’honneur d’un élu, politique de surcroît, devrait consister à défendre l’intérêt général et le long terme, vous préférez satisfaire de très gros appétits privés, notamment immobiliers avec plus values, autour de l’aéroport de Nantes Atlantique.

Monsieur le Président, présenter NDDL comme la panacée pour le Grand Ouest, avec des décollages et des atterrissages passant de 47.000 annuels à plus de 100.000, voire 120.000 n’est qu’un mensonge et une tromperie de nos concitoyens. Votre ignoble propagande, à nos frais naturellement, constitue non seulement une erreur, mais une faute dont les générations futures ne manqueront pas de vous accabler, n’ayant été, pour votre part, qu’un piètre apôtre de fieffés égoïstes du consumérisme débridé. Ce projet n’est qu’un mauvais pas dans la mauvaise direction et vous en portez une lourde part de responsabilité. Imaginez que chaque Région du monde fasse votre analyse et se comporte ainsi. Où irions-nous ? Il est compréhensible que les humains manquant de l’indispensable ou du nécessaire souhaitent encore consommer davantage, et pour un temps, des dérivés hydrocarbonés. Mais nous, qui avons déjà tant pollué et pas toujours pour notre bien-être, devons impérativement donner l’exemple et nous tourner vers le progrès durable, le seul qui pourra assurer la survie du XXIème siècle. Au récent sommet climatique de Varsovie, des pays émergents nous l’ont rappelé avec force et raison.

Nous ne sommes pas les apôtres de la décroissance dont vous nous accablez. Bien au contraire, nous voulons des investissements massifs, fut-ce au prix fort, dans les technologies d’avenir qui produiront à terme suffisamment d’énergies primaires totalement non polluantes pour la satisfaction légitime de milliards d’êtres humains, à savoir : géothermie, photovoltaïque, énergie des océans (hydrolien, houlomotrice, marémotrice) etc… Nous ne sommes pas les criminels que vous décrivez. Vos propos sont méprisables et dénotent votre fébrilité et votre mal être dû à vos mensonges et vos incohérences. Nous ne sommes que de bons citoyens qui ont réfléchi et qui, en dehors de tout intérêt personnel, n’ont que la force de leur conviction pour alerter des dangers niés ou cachés par ceux qui n’ont pour tout horizon que leur aura, leur mégalomanie ou leurs intérêts très personnels et à court terme. Stéphane Hessel, tant louangé par toute la classe politique au moment de sa récente disparition, ne disait pas autre chose et comprenait fort justement notre profonde et légitime indignation. Il n’était pas criminel, que je sache.

Nous ne sommes pas davantage contre le mode de transport aérien, mais nous souhaitons qu’il devienne raisonné et raisonnable, qu’il intègre la raréfaction et l’épuisement prochain des dérivés hydrocarbonés qui, de surcroît, sont une source évidente et inexorable de dégâts majeurs pour la survie de la planète. Le projet NDDL, par son seul symbole et la propagande pitoyable et fausse que vous en faites, constitue le parfait contre- exemple. A votre décharge, je constate que vous n’êtes qu’une marionnette défendant, fut-ce par l’insulte, tellement d’intérêts très privés qui conduiront, à coup sûr, la planète dans le mur, au cours de ce XXIème siècle. Vos propos sont minables et pitoyables et ne m’inspirent, finalement, que de la pitié.

A entendre votre propagande (payée par nos impôts), il n’y aurait pas encore d’aéroport dans le Grand Ouest. Je crois avoir remarqué qu’il y en a un à Bouguenais et que c’est un pieux mensonge de prétendre qu’il serait saturé. Pour ma part, je m’y suis présenté à deux reprises. Le 25 novembre 2012, au buffet situé à l’étage, sur les 130 places disponibles, seule notre table (2 personnes) fut occupée pendant l’heure du repas. Cet été, le 16 août précisément, en pleine période estivale, je dus reconnaître une sensible progression puisque 6 tables représentant 16 couverts sur les 130 dressés furent servis (soit 12% de taux de remplissage). Pas le moindre embouteillage dans l’aérogare naturellement. L’émission TV de Benoît Duquesne sur l’A2 faisait remarquer identiquement l’atmosphère paisible de Nantes Atlantique International (NAI). Je voudrais encore ajouter qu’une de mes connaissance séjournant, en juillet, à Essaouira, au Maroc, dût pour son retour sur Royal Air Maroc, attendre un jour supplémentaire pour embarquer finalement vers Roissy, la destination vers Nantes ayant été annulée faute de passagers (15 réservations pour un boeing 737), donc trop coûteux pour ce vol. Alors, pour la saturation, laissez- moi rire. Comment en serait-il autrement, puisque l’aéroport de Cointrin (Genève) comptabilise, avec une seule piste et emprise au sol identique (soit 270 ha) 198.000 emports et 14 millions de passagers annuels, soit près de quatre fois le trafic de Nantes Atlantique International (NAI).

A vous entendre, NDDL desservirait le monde entier (une vraie ruche !). Mais alors, expliquez-moi, comment des pistes de même longueur (2900m) que Nantes Atlantique accueilleraient les très longs courriers (A380, B747) et conduiraient d’un seul coup d’aile, entrepreneurs et touristes vers toutes les destinations du monde. Vous savez fort bien qu’il n’en sera rien et que là encore vous mentez Monsieur le Président. J’ajoute que Nantes Atlantique dessert déjà 120 destinations, dont 16 en France et 60 dans les autres pays européens. Il est tout autant international que le serait NDDL.

Mais au fait, devrais-je vous rappeler qu’en juillet 1996, vous signiez une pétition contre la destruction d’un seul « mètre carré » de zones humides en Loire-Atlantique. Aujourd’hui, alors que l’évolution voudrait que votre déontologie d’alors soit encore renforcée, vous n’êtes en rien troublé par la destruction de 1500 ha de zones humides et de tant d’autres hectares pour y accéder et satisfaire l’objet de vos délires.

J’allais omettre que Nantes Atlantique serait tellement facilement desservie par voie ferrée (elle existe déjà), que vous préférez évidemment détruire de nouveaux espaces agricoles et construire à grands frais de nouvelles lignes pour Notre-Dame. On ne nous dit pas tout !!

Il fut un temps où la tentative d’anesthésie de nos concitoyens était fondée sur le motif imparable des 5 millions d’heures de travail promises (à nos chômeurs bretons, je suppose). Aujourd’hui, la rénovation de Nantes Atlantique coûterait, soi-disant, plus cher. Vous devriez donc vous réjouir de cette perspective créatrice d’emplois. La ficelle est un peu grosse pour qui veut bien réfléchir.

Après maintes sollicitations auprès des grands élus, sans la moindre réponse à ma requête (c’est dire le mépris de ces élus, soucieux de leur seule réélection, à l’égard du petit élu que je suis), je pus enfin, par une voie détournée, obtenir un contact avec la Commission Chéreau, joliment dénommée « du dialogue ». L’écoute fut courtoise, mais je compris très vite que cette Commission n’avait pour seule mission que d’apaiser les tensions, aucunement comprendre ni donner suite aux véritables arguments trop précis et pertinents qui lui étaient présentés. Une commission « Pipeau » en quelque sorte. Mais enfin dire des vérités peut également soulager et les écrire laisse quelques traces.

Un détail amusant, malgré tout. Alors que j’étais reçu dans un bureau anonyme, au dernier étage d’une sous-pente de la rue du Roi Albert, l’OF du même jour (27/02) présentait en couleurs et sur une demi-page, les grands élus dont vous-même, en compagnie de ladite Commission, sous les ors de la république évidemment. Que des notables ! Je puis imaginer que le champagne et les petits fours étaient de qualité. Dérisoire, mais tellement révélateur.

Au siècle du numérique, il devient plus qu’urgent de redéfinir les priorités et pour le moins faire payer le prix coûtant à ce mode de transport dévoreur de kérosène (dérivés hydrocarbonés) et donc polluants. Nos concitoyens ignorent largement que tous ces voyages touristiques low cost sont directement ou indirectement très largement subventionnés par nos impôts. Le kérosène n’est pas taxé. Un comble ! Est-ce équitable ? La mondialisation non maîtrisée, et contre laquelle toute tentative de compétitivité ne pourra rien, conduit aux pires aberrations. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple, 80% des fleurs offertes sur notre territoire sont produites au KENYA ou en ETHIOPIE, dans des conditions proches de l’esclavage et sont acheminées par jet sur notre Continent, avant d’aller remplir nos poubelles. Dans ce domaine, c’est le geste qui compte, non le volume et le poids de la couronne qui sont appréciés. Alors, Monsieur le Président, encouragez plutôt leur production dans votre Maine et Loire. Je parie que notre Ministre du Redressement Productif apprécierait d’arborer à sa marinière made in Bretagne, quelques roses made in Pays de Loire. Angers héberge pourtant le siège de l’OCVV (Office Communautaire des Variétés Végétales). L’ignoreriez-vous ? Monsieur le Président, agissez dans le bon sens, aidez à produire localement, vous créerez de vrais emplois, plutôt que de nous accabler de votre mépris.

Chaque citoyen qui réside proche d’une piste d’aéroport préférerait naturellement l’expédier chez le voisin. Mais Bouguenais n’est pas une spécificité. Que devraient dire les habitants de Limeil-Brévannes, Valenton Villeneuve St Georges, Villeneuve le Roi ou Ablon qui sont survolés par six fois plus de vols chaque jour que ne le sont des nantais ?. Or, l’aéroport d’ORLY sera modernisé, pas déplacé. Comme tant d’autres aéroports, Bouguenais existe depuis les années 30. Les aménageurs ont poursuivi sans relâche, comme ailleurs, des constructions erratiques et les grands élus les ont laissés faire, voire les ont encouragés. Qu’ils assument. Mais aujourd’hui, en mal de profit, nombre de vos connaissances voudraient tellement voir la valeur de leurs biens immobiliers exploser. Et tant pis pour la planète. Vos mensonges leur donnent tellement raison.

Le projet que vous portez comme la corde soutient le pendu est aberrant. Hélas, tous les moyens, même les plus sordides, sont utilisés pour tromper nos concitoyens. La légalité n’est pas la légitimité. Les enquêtes publiques sont dictées et le résultat imposé est écrit à l’avance (si les experts ne conviennent pas, le pouvoir  les change). Une parodie de démocratie en quelque sorte, mais dans les formes. Ce projet n’est que le fruit d’une volonté politique qui se moque comme d’une guigne de l’intérêt général, ses porteurs refusant les évidences et poussant la surdité jusqu’à l’autisme. Monsieur Auxiette, comme le disait à NDDL, le 9 juillet 2011, un membre éminent du gouvernement Actuel, je cite « Nombre d’élus, lorsque la porte est fermée ont conscience de l’inutilité du projet, mais Monsieur « A » le veut beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, il le veut énormément ». Dès lors, dire le contraire serait un crime de lèse-majesté, je suppose. Si Monsieur A le veut, Dieu le veut, puisqu’il est infaillible.

Dans de telles conditions, les enquêtes publiques ne servent à rien. Dites aux français que la validation de l’enquête publique du projet fut assumée par un haut fonctionnaire qui depuis occupe un poste majeur chez le concessionnaire, l’épouse de ce dernier ayant rejeté en son temps tous les recours en Conseil d’Etat. Votre devise : circulez et taisez-vous, il n’y a rien à voir ! Ne me parlez plus de légalité, mais de turpitudes et sachez que votre pouvoir ne vous a été acquis que par 2 électeurs sur 10. Vos ralliements contestent, pour la plupart, ce projet. Mais, rassurez- vous Monsieur le Président, tout ira pour le mieux pour vous-même. En effet, il fut un temps où les responsables politiques acceptaient d’être reconnus « responsables mais non coupables ». Aujourd’hui, ils ne sont « ni responsables, ni coupables ». (CF, le drame de l’amiante). La nature se vengera, soyez en certain et vous aurez pris votre part au fossoyage de l’humanité, à moins que, c’est mon vœu le plus cher, des élus responsables, d’une nouvelle génération, ne se ravisent à temps et dénoncent vos turpitudes qui dépassent de très loin ce minable projet.

Vous seriez mieux avisé de réentendre le discours prononcé le 02/09/2002 à Johannesburg « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXI siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie » Monsieur le Président Auxiette, vous refusez de comprendre et ne voulez surtout rien entendre.

Peut-être prendrez-vous quelques minutes pour lire mon propos, à moins qu’un long courrier, déjà en bout de piste, ne vous attende pour vous conduire vous prélasser sous les tropiques, où quelques pauvres du tiers monde vous serviront quasi gratuitement dans un complexe hôtelier « ***** », de préférence.

Un élu et citoyen vigilant.
René LEBLANC, Maire de Quelneuc

19
Février

Lettre de René Leblanc, maire de Quelneuc à Philippe Martin, Ministre de l'Ecologie

Quelneuc  le 31/12/2013

Monsieur Philippe MARTIN
Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie
Hôtel de Roquelaure
246 Bd St Germain
75007 Paris 7ème


Monsieur le Ministre,


Elu depuis 1986 et maire depuis 1995 de la petite commune de Quelneuc,  je vous prie de prendre connaissance d’une lettre ouverte que j’ai adressée la semaine passée à M. Auxiette.
Conscient des risques majeurs pour la vie sur notre planète liés aux excès de consommation des dérivés hydrocarbonés dont la combustion génère le gaz à effet de serre Co2, conduisant à des dérèglements climatiques inéluctables, j’ai beaucoup apprécié que vous ayez décidé de ne pas autoriser actuellement les recherches sur notre sol des gaz et huiles de schistes, puisqu’aussi bien ce sont précisément des dérivés eux-mêmes hydrocarbonés dont l’extraction laisse s’échapper dans l’atmosphère une quantité importante du fameux méthane (CH4), dont l’effet de serre est, hors combustion, 20 fois supérieur au seul CO2.


Nos grands élus de l’Ouest nous rappellent régulièrement, dans les colonnes de leurs publications respectives, la nécessité absolue de lutter contre le réchauffement climatique. Ils nous alertent, à juste titre, sur les conséquences dramatiques que connaîtront demain les jeunes générations, donc vos propres enfants et les leurs, si nous ne devenons pas raisonnables aujourd’hui.
Or, contre toute logique et malgré des faits têtus, dans une sorte d’amnésie collective de leurs grandes et judicieuses recommandations, ils applaudissent à la réalisation d’un aéroport à NDDL, jurant, dans une parfaite et étonnante mauvaise foi plus qu’hallucinante, que cet aéroport sera source de bonheur et de prospérité pour les bretons et ligériens, pour les décennies  à venir.
Que de mensonges, d’hypocrisies, contre-vérités et même ignorance chez certains, pour convaincre nos concitoyens, dont l’immense majorité ne possède pas les informations pour juger de l’aberration de ce projet ubuesque en ce début de XXIème siècle, projet qui n’est que le symbole d’un passé révolu.
Les arguments avancés et assénés à grand renfort de publicités payées par nos impôts, pour justifier l’injustifiable s’écroulent les uns après les autres :
  • Nantes Atlantique serait saturé : un pieux mensonge (voir mon courrier à M. Auxiette)
  • Il serait dangereux : il obtient le meilleur classement « A »
  • Il desservira le monde entier : faux. Les pistes auront l’exacte même longueur que NAI et ne supporteront donc que les mêmes jets.
  • 5 millions d’heures de travail seraient générées pour sa construction : la solution au chômage des bretons, je suppose (creuser et empierrer, à 6 m de profondeur, sous les pistes gorgées d’eau, détruire 1500 ha de terre et encore plus pour les accès, détruire des espèces protégées  mais construire pour tellement de bonheur promis à chacun). Or,  aujourd’hui, on nous dit que la rénovation de NAI aurait un coût plus élevé alors que le tramway n’est qu’à 1200m de l’aérogare. Cette rénovation devrait donc réjouir les décideurs puisqu’elle offrirait plus de travail et sans destruction des terres agricoles  si chères à notre ministre de l’agriculture.
  • A NDDL, les décollages et atterrissages seraient  incessants : mais, au fait, avec quelle énergie après-demain ? Pour transporter qui et où ? Oublierait-on de dire à nos concitoyens et aux bretons notamment que le kérosène n’est pas taxé, que le low-cost coûte énormément au contribuable, alors que l’on veut taxer encore et encore pour les transports de proximité des biens nécessaires à nos entreprises et à nos concitoyens.
Monsieur le Ministre, il est tellement patent qu’il serait préférable de relocaliser, notamment en Bretagne,  nombre de biens, produits quasi gratuitement par les pauvres du tiers-monde (le nouvel esclavagisme du XXIème siècle) et transportés par jet, au prix d’une pollution toujours croissante et de  faire payer au prix coûtant  les  loisirs lointains de nos concitoyens, que nos grands élus bretons, en contradiction avec leurs dires, ont fait le choix de toujours plus polluer. Je parie que notre Ministre du redressement Productif applaudirait toute relocalisation raisonnable et raisonnée.

Rassurez-vous, la nature si mal menée depuis plus d’un demi-siècle, ne supporte plus les outrages que nos élus s’acharnent à lui faire subir. Elle se venge déjà et ce n’est rien comparé à ce que les jeunes générations devront affronter.  Protégeons-les, si nous ne voulons pas être accusés de n’avoir été que de fieffés égoïstes. Devenons raisonnables, limitons au nécessaire et à l’utile les ressources épuisables et déjà trop consommées de nos dérivés hydrocarbonés. Nos grands élus ont conservé l’image des trente glorieuses. Ils n’acceptent pas les évidences. Malheureusement, ce seront leurs propres enfants qui paieront demain, au prix fort, leurs mensonges d’aujourd’hui. A une des membres de la Commission Chéreau à qui je le faisais remarquer, il me fut répondu  « je ne serai pas là pour le voir ». Je répondis que les reproches seraient émis à titre posthume. Belle mentalité ! Mais tellement courante, y compris chez nos élus qui se prétendent visionnaires mais ne sont en réalité qu’égoïstes arque-boutés à la défense d’intérêts très privés ou à une mégalomanie dérisoire..

Aujourd’hui, 31 décembre, NDDL et ses environs (Blain,  Saffré) sont sous les eaux. Demain, après les millions de tonnes de béton déversés et la destruction de toutes ces zones de rétention humides et  de cette faune si riche d’espèces protégées, je vous laisse le soin d’imaginer le désastre. Mais nos grands élus ne savent pas, ils feignent de croire ou de faire croire que « la croissance illimitée de  consommation de nos  richesses épuisables, donc limitées, peut encore être une réalité, alors qu’elle n’est  qu’absurdité.

La justification de ce projet ne repose plus que sur les projets immobiliers au Sud de Nantes, donc à la valorisation exponentielle de quelques notables propriétaires ou de grands groupes alléchés par les énormes plus-values immédiates en perspective  pour des actionnaires avides de biens matériels, mais non avisés et surtout aucunement visionnaires. Nous sommes à mille lieues de l’intérêt général.

Le bruit invoqué ne concernerait donc que la ville de Nantes située à 10kms de NAI. Munissez-vous d’un plan et observez Ablon et son lycée Georges Brassens  dans le prolongement de pistes d’où décollent 6 fois plus de jets qu’à NAI, et Villeneuve le Roi, à seulement 1Km d’Orly. Cet aéroport sera rénové, pas déplacé.

Loïc Marion chercheur à Rennes et grand spécialiste du lac de Grand Lieu a fort bien analysé et rejeté tous les faux arguments développés au sujet de ce lac. En revanche, des dérogations de destructions d’une faune remarquable viennent  de faire l’objet d’arrêtés les autorisant. Une honte, tout simplement. 

Hélas, comme le dit si bien la fable « la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Forts d’une triste légalité politique (et encore ?), mais non d’une légitimité, et au mépris de l’avenir et des citoyens qui sont indignés,  messieurs les grands élus faites envoyer à NDDL toujours plus de CRS et garde mobiles, armés jusqu’aux dents,  ouvrir, par la force, la voie aux fossoyeurs. Monsieur le Ministre, si votre Ministère a encore une signification, si vous croyez en l’avenir de notre planète, ne soutenez pas ce projet. D’autres ministres vous applaudiront.

Merci, Monsieur le Ministre, d’avoir lu, les propos d’un élu et citoyen indigné et vigilant   
René Leblanc, maire
  Copie :  Mme DUFLOT  et Najat Belkacem; Mrs Montebourg,  Le Foll,  Garot,  Cuvilliers, Valls et Hamon     
                                            

 

30
Mai

Nouvelle lettre de René Leblanc à Jacques Auxiette

Quelneuc le 06/03/2014
Monsieur le Président et cher Jacques Auxiette,
Hier soir, j'ai visionné votre interview concernant le projet d'aéroport de Notre Dame dans « la voix est libre » animée par Xavier Rolland, et, ce matin, j'ai suivi, sur BFM-TV, l'interview de notre premier Ministre, par Jean-Jacques Bourdin, interview au cours de laquelle le projet NDDL a également été évoqué.


J'ai constaté que vous aviez l'un et l'autre une propension remarquable au « jésuitisme », c'est-à-dire à l'art consommé « du mensonge par omission ».


Que vous resterait-il d'autre, d'ailleurs, pour justifier, en toute objectivité et en 2014, de ce projet ?


C'est ainsi, par exemple, que pour vous :

    • Nantes Atlantique possède la plus forte progression (8%) de passagers
      Vous omettez : - que l'on observe, en revanche, une baisse de 2% des mouvements en 2013 et que seul le low-cost explique la progression du nombre de passagers.

 

    • Nantes Atlantique serait saturé avec 3,9 millions de passagers annuels
      Vous omettez : - que Cointrin, avec même emprise au sol et à seulement 4 kms du centre de Genève, comptabilise 14 millions de passagers et que Nantes Atlantique a été sacré meilleur aéroport européen en 2011-2012.

 

    • Vous êtes respectueux de la démocratie et la légalité doit être respectée
      Vous omettez : - qu'en 1996 vous défiliez au Carnet contre le remblaiement des zones humides en Loire Atlantique et signiez avec le maire de Nantes une pétition à cet effet.

 

    • Vous détenez, de par votre mandat, la légalité et pouvez donc imposer ce que bon vous semble
      Vous omettez : que la légalité n'est pas la légitimité, d'autant que vos ralliements ayant permis votre élection contestent tous ce projet et que vous auriez dû accepter les contraintes d'un débat loyal, objectif et contradictoire sur son bien-fondé. La plupart des grands élus sont d'une ignorance étonnante sur ce projet. Ils votent les yeux fermés, pour ne pas déplaire et assurer leur prochaine élection. Ecoutez le discours de Mme Duflot, en juillet 2011 à NDDL.

 

    • NDDL ne coûterait quasiment rien : 40 Millions à la Région Pays de Loire
      Vous omettez le coût pour les autres collectivités, soit 115 Millions au total, dont 30 Millions pour la seule Bretagne, et 130 Millions pour l'Etat. Quant aux coûts des voies d'accès (ils seront gratuits sans-doute !), la destruction des zones humides (bonjour les inondations futures en Pays de Vilaine) et la faune protégée dont les arrêtés envisagent non pas le déplacement comme vous le déclamez, mais la destruction. Qu'en faites- vous Monsieur le Président Auxiette ?. Tout cela vous le passez allègrement par pertes et profits et étrangement sous silence. Naturellement, ces coûts seront, vous le savez, beaucoup plus élevés, comme dans tous ces projets pharaoniques et dispendieux.

      L'ironie que trahit votre sourire, nous dit : « je fais ce que je veux, puisque vous m'avez élu, même si vous rejetiez personnellement, en m'élisant, cet aberrant projet ». Je suis le roitelet !!! Tant pis pour vous !

 

  • Et notre premier ministre d'ajouter ce matin : « ce n'est pas moi, ce sont les autres avant moi : Jospin, Raffarin, de Villepin, Fillon, etc... sans oublier Voynet,... la vilaine petite écolo de service qu'il faut bien tacler au passage, en oubliant délibérément les vrais décideurs.
    Vous omettez précisément l'un et l'autre de rappeler que : ce projet fut enterré pendant 27 ans (1973-2000), après la première crise pétrolière, qu'il n'aurait jamais dû ressortir du placard, que c'est le Ministre Gayssot qui rouvrit ce dossier (à la demande de qui ? cherchez bien et vous trouverez ? C'est si simple). L'ingénieur en chef des Ponts, directeur du cabinet Gayssot, Gilles RICONO, en fut la cheville ouvrière et pensante, son adjoint Nicolas Notebaërt, également ingénieur des Ponts, l'assista dans cette tâche. Dès 2002, ce dernier émigrait chez Vinci et aujourd'hui il porte ce projet, côté concessionnaire. Dans l'ombre, Gilles RICONO, de retour en 2004, comme chef des services à la Région Bretagne, put jouer de son influence pour convaincre les élus bretons. A 66 ans, en mars dernier, il dut, par devoir, dit-il, rejoindre à nouveau Paris, pour prendre la direction du cabinet de Mme Batho qui n'était pas trop convaincue. Il resta, après l'éviction de Madame la Ministre, directeur du cabinet de Monsieur Martin et les bonnets rouges ayant donné du fil à retordre à l'exécutif, il fut rappelé en toute première urgence « chez Monsieur le premier Ministre », en charge de cet épineux dossier. Il serait juste et loyal de ne pas camoufler toutes ces étranges vérités et coïncidences. Comme il serait normal de rappeler que l'enquête publique de 2007 fut validée par le Préfet Hagelsteen qui rejeta toutes les observations des opposants et se fit recruter, le plus rapidement possible, mais toujours dans les délais réglementaires, à un poste majeur chez Vinci. Mais comble de la légalité : devinez qui rejeta, en Conseil d'Etat, tous les recours au plus haut niveau ? Madame Hagelsteen, épouse du dit Monsieur le Préfet. Normal !!!!

 

Rien que de la légalité, en effet. De la légalité administrative et d'Etat certes, autrement dit de façade. Dites-le très clairement pour une information objective et non biaisée, lorsque la presse vous sollicite pour la persuasion des français qui naturellement ne connaissent pas toutes ces ficelles. Et pourtant, elles ne sont pas grosses, elles sont énormes. Tout cela vous le savez aussi bien que moi. Si les murs avaient des oreilles, comme dit l'adage, et s'ils parlaient, les cassettes d'enregistrement de Patrick B. ne seraient, comparées à votre Légalité, que de la roupie de sansonnet.


J'ai dû, croyez-moi, consulter nombre de pièces, pour m'assurer d'une analyse complète et objective de ce que j'aimerais vous entendre dire à vos électeurs.


Allons ensemble sur un plateau et parlons sans détours, sans mensonges, les yeux dans les yeux et, je vous assure, tout ira pour le mieux et pour tout le monde. Cette opportunité ne me sera pas offerte.

 

Faits et constats :


Hier, mercredi, 05 mars, accompagné de mon épouse, j'ai revisité (pour la 3ème fois) Nantes Atlantique International (NAI) et son environnement proche.


- Arrivée à 12h07 sur le parking P3 (à 200 mètres de l'aérogare) à peine occupé à 60%


- Dans le hall de l'aérogare, assez désert et excellemment entretenu (bravo Vinci), pas la moindre queue à l'embarquement ou à la récupération des bagages. Chacun vaquait tranquillement et prenait bien son temps (comme dans la fable, le coche et la mouche).


J'interroge un jeune couple, en partance touristique pour Rome (250 euros A/R), originaire du Pays de Redon. Ils éclatent à l'unisson de rire lorsque je leur annonce que, selon vous, Nantes Atlantique serait saturé. J'ai ajouté que vous n'y veniez peut-être que très rarement et étiez, de ce fait, tout excusé, re-éclat de rire général.


-12h30, direction le buffet à l'étage. Alors là, c'est la foule de midi : 25 couverts à servir sur les 130 possibles (18% de taux d'occupation). Excellent déjeuner, à prix plus que raisonnable : plats du jour + desserts +eau plate +vin + café = 48,50 euros pour nous deux, réglés par carte à 13h13mns37s.


N'avions pas encore entendu le bruit d'un seul réacteur.


-Retour au parking, sous un soleil printanier. Depuis le temps que les dérèglements climatiques nous ont pourri l'hiver (excès de Co2 oblige). Vive Bouguenais !


-13h34, règlement des 5,50 euros à la caisse automatique ( stationnement de 1h27 minutes). Les secondes sont gratuites. Et hop !, pour occuper l'après-midi, nous allons visiter les environs. Du tourisme local, finalement. Pas si mal, le vignoble nantais.


-Direction St Aignan de Grand-Lieu. Il paraît que la vie y est impossible, selon Monsieur le maire. Et si les jets jetaient à terre le coq du clocher! Etonnant que Notre Dame puisse permettre un tel crime.


-Arrivés place de l'église à 13h42, nous attendons plus d'une demi-heure sans le moindre survol. Seules les voitures circulent et émettent leurs décibels habituels, plutôt gênants à la longue. Enfin, 14h16 le premier vol arrive dans l'axe de la piste, à environ 50 mètres à l'ouest de l'église. Le coq du clocher est sauf ! Moins de 6 secondes et nous n'entendons déjà plus rien. On se croirait au printemps. Les oiseaux s'égaient allègrement. C'est la période des amours. Un second avion approche à 14h34. Il est de très petite taille.


Nous visitons les rues en direction du lac de Grand Lieu. Une jolie résidence très récente du côté pair de la rue du lac. Le groupe scolaire Jules d'Herbauge avec ses immenses terrains de loisirs où jouent, dans la bonne humeur, une bonne trentaine de gamins sans soucis. Une très belle demeure est en chantier, chemin de la Roche.


Finalement, St Aignan ne rebute pas les acquéreurs, même si, j'imagine que le prix au m2 n'est pas aussi attractif que sur les bords de l'Erdre.


Retour vers Nantes Atlantique. Les terrains regorgent d'eau.


-A moins de 100 m de l'aérogare, une voie ferrée désaffectée n'attend qu'une remise en service. Nous suivons son parcours et nous nous retrouvons à un passage à niveau, toujours en service, à moins de 200m du terminus de la station tramway de la Neustrie. Le collège du même nom a été relooké il n'y a pas si longtemps si j'en juge à la qualité des bâtiments. Des travaux, au coût dérisoire, permettraient une desserte idéale par Tramway de ce bel outil qu'est Nantes Atlantique. Mais cela, il ne faut surtout pas le dire, les français découvriraient votre supercherie, pour peu qu'ils y regardent d'un peu plus près.


Mais où sont donc passés les jets qui pourrissent la vie des nantais ? Pour moi qui ai vécu pendant près de 10 ans, 1972-1981, au 12 avenue de Valenton, à Limeil-Brévannes, à environ 6 kms et dans l'axe des pistes d'Orly, à l'époque des caravelles et des premiers Boeings très bruyants, je peux vous assurer qu'ici nous sommes à mille lieues de ce que doivent supporter les résidents de ces communes urbanisées que sont Limeil-Brévannes, Valenton, Villeneuve St Georges et tout près d'Orly , Villeneuve le Roi et Ablon avec son lycée Georges Brassens à 1200 m et dans l'axe de la piste principale. Avec un trafic 6 fois supérieur à Nantes Atlantique (24 Millions de passagers annuels), ce sont pourtant plus de 600 Millions de travaux qui vont y être investis prochainement pour sa rénovation, pas pour son déplacement. Il est vrai que près des aéroports, partout dans le monde, il serait préférable d'éviter de construire dans l'axe précis des pistes, mais les maires des grandes agglomérations délivrent permis sur permis et ensuite les propriétaires posent des réclamations. Où est la logique des grands élus?


Nantes Atlantique est à 10 kms du centre de Nantes, Cointrin à 4 kms du centre de Genève, Toulouse Blagnac est quasiment au cœur de Toulouse. Il est très important qu'un aéroport soit proche d'une ville et bien desservi par celle-ci. Pourquoi diantre, une étude contradictoire et sérieuse ne pourrait être conduite, en toute indépendance, pour évaluer le coût d'une rénovation de Nantes Atlantique qui d'ailleurs fonctionne parfaitement bien qu'il n'ait fait l'objet d'aucune rénovation conséquente depuis des années. Chut ! N'en parlons pas.


Vous évoquez le projet de Notre Dame comme un aéroport de dégagement de Paris, notamment pour le fret et pour éviter des passages par la capitale.


Ignoreriez-vous qu'il existe déjà cet aéroport de dégagement ? Si tel était le cas, renseignez-vous. C'est votre devoir de grand élu, soi-disant responsable. Il a même été mis en service en l'an 2000 (l'année de l'exhumation de votre projet)). Il se nomme « Paris-Vatry », est situé à 124 kms d'ORLY et 130 Kms de Roissy. Il végète lamentablement (101000 passagers en 2013) et 25.000 tonnes de fret, alors qu'avec sa piste de 3860m, il peut accueillir tous les plus gros porteurs du monde. Alors, dites-moi, avec ses 2 pistes non parallèles de 2900m (l'exacte même longueur que la piste actuelle de Nantes Atlantique International), NDDL fait figure de nain de jardin.


Pourquoi ne dites-vous pas que votre Aéroport du Grand Ouest (AGO) ne desservira, pour l'essentiel, que l'Europe (ce que fait déjà très bien NAI). Ne nous enfumez pas avec des japonais qui se fichent bien de votre projet et n'atterriront pas davantage à Notre Dame qu'ils n'atterrissent à Nantes Atlantique, en provenance directe de Tokyo. Pourquoi, alors, mentez vous ? Dites le moi. Tout ceci me fut confirmé par la Commission Chéreau, sachez-le. Je l'avais compris depuis belle lurette. Sachez que l'aéroport de Lorient sera rénové, cette année 2014. Il pourra accueillir tous types de porteurs. Rappelez-le à Alain Mustière qui me fait bien rire avec son association « des ailes pour l'Ouest » et ses tissus de mensonges.


Cher Jacques Auxiette, vous et moi sommes de la même génération. Vous n'êtes mon aîné que de 4 ans. Elu de la République comme moi (même si je ne suis qu'un tout petit élu) vous êtes partisan d'une vraie démocratie (moi également) et voulez que les décisions de justice soient exécutées immédiatement pour faire évacuer séance tenante tous ces maudits occupants (soi-disant 150) qui sèment la terreur et ont massacré le centre de Nantes ce samedi 22 février. On se croirait dans la célèbre fable « les animaux malades de la peste » de Jean de la Fontaine... avec ce mal qui répand la terreur, ce kyste qu'il faut éliminer. Avez-vous seulement conscience du ridicule de vos propos ? Oublieriez-vous que ces méchants jeunes que vous semblez bien connaître puisqu'ils sont de gauche (notre Ministre de l'Intérieur les a même identifiés « Black Blocs », terroristes de Notre Dame, danger pour la démocratie dont vous êtes l'un des garants et que nous, les opposants à votre funeste projet, défendrions, protégerions, nous les irresponsables... ; ces méchants jeunes vivent, sachez-le, chacun de très peu de terre qu'ils cultivent en commun et dont ils partagent les fruits, terre que vous avez acquise, vous les décideurs visionnaires pour la ridicule somme de 0,16 euro/m2. Si chacun de ces dangereux trublions ne vous a accaparé (pardon, loué gratuitement et hors contrat), mais illégalement, j'en conviens, que 300 m2 (la surface d'un jardin moyen), il vous a effectivement spolié de l'énorme somme de 0,16 x 300= 48 eurosou 3 euros/an à la location (90 euros/ha agricole). Quel crime, ces pelés, ces galeux ont-ils commis, il faut vite que, tel l'âne de la fable citée ci-dessus, qui avait « tondu de ce pré la largeur de sa langue », chacun de ces malfrats soit pendu. Votre discours, est trop bien rôdé pour être crédible. La même cellule qui cogite dans l'ombre vous fournit les éléments de langage à diffuser sur les ondes. Nous retrouvons les mêmes expressions, les mêmes termes que ceux proférés par ce cher Alain Mustière, le Président des Ailes pour l'Ouest (il est vrai qu'il n'y a toujours pas d'ailes à l'Ouest, seulement le meilleur aéroport européen à Bouguenais, dénommé Nantes Atlantique International –NAI- desservant plus de 100 destinations et qui pourrait en desservir beaucoup d'autres). Ce président Mustière qui s'obstine à ne jamais répondre à mes questionnements ni à me proposer un débat contradictoire. L'aveu !


Cher Jacques Auxiette, j'ai pris connaissance de votre entretien à l'Echo du Berry du 29/02/2012. J'en aurais presque la larme à l'œil, tellement il me rappelle ma jeunesse dans la toute petite ferme familiale à Carentoir. Il est vrai qu'en mai 68, vous effectuiez vos obligations militaires au titre de la coopération en Tunisie et n'étiez pas en France pour dresser les barricades. J'étais à Rennes, et mon labo ayant été fermé, je revins à la ferme aider mes parents aux travaux des champs. Quant à vous, j'imagine que, depuis la Tunisie, votre parcours syndical à l'Unef vous interdisait d'interdire, selon la célèbre formule de Dany. Le respect de la légalité que vous exigez des autres aujourd'hui était plus élastique à cette époque de votre vie, vous aviez l'âge des Zadistes de NDDL qui sont, à ma connaissance et pour la plupart de véritables pacifistes, pas les terroristes que vous accablez afin de pouvoir justifier l'évacuation immédiate du site manu militari. A ma connaissance, le millier de CRS, gardes mobiles et autres forces policières, lourdement équipés, n'ont pas même arrêté un seul de ces jeunes Zadistes que vous avez désignés à la vindicte publique dès le soir du 22 février. Seriez-vous un calomniateur? Sachez que la calomnie finit toujours par se retourner contre son auteur.


Comme vous, vos amis ont fait de brillantes carrières politiques. J'ai même le sentiment que l'humanisme chrétien et l'humaniste laïc auquel vous faites référence et qui vous animait alors, vous l'avez passablement oublié. Vous vous êtes même bigrement embourgeoisé, comme beaucoup de vos proches amis politiques. Vous avez cumulé allègrement et pendant tant d'années, tout en prônant le partage et la retraite à 60 ans (pour les autres seulement) : « Proviseur d'un grand lycée + maire d'une grande ville (la Roche/Yon) + conseiller Général+ Conseiller régional ». J'en oublie probablement. Quel talent ! Quelle puissance de travail ! Mais je vous le demande, comment assuriez-vous vos 35-40h chaque semaine au sein de votre lycée parallèlement à toutes ces fonctions électives prestigieuses ? Vous avez pour le moins eu le don d'ubiquité.
L'essentiel est qu'aujourd'hui, vous touchiez bien votre retraite complète de fonctionnaire de l'Education nationale et cela depuis près de 15 années, je suppose.
Pour ma part, mon activité professionnelle à laquelle j'ai ajouté la gestion d'une petite commune rurale m'a suffisamment occupé (avec une indemnité de 578 euros mensuels). Je n'ai jamais ménagé mon temps. Depuis ma retraite en 2007, je remplaçais le secrétaire de mairie pendant ses congés ou ses absences afin d'économiser dans l'intérêt de Quelneuc. Demandez aux administrés. Ils vous le confirmeront. Pendant mon activité professionnelle, je gérais en soirée et le week-end.
Les jeunes Zadistes que vous voulez chasser des terres qu'ils vous pillent ont certainement une autre conception de la vie (ce n'est pas la mienne, mais je la comprends) et ils sont peut-être aussi heureux que nous. Peut-être même sont-ils plus heureux. Rappelez-vous la fable « le savetier et le financier ». Jean de la Fontaine est l'un de mes auteurs préférés. Ses fables sont, au travers des animaux, de telles leçons pour les humains.


A propos, êtes-vous bien rémunéré pour assurer la présidence du Syndicat mixte aéroportuaire AGO? Si la réponse est positive, quel est le montant de votre indemnité ? Cela pourrait m'intéresser en qualité de contribuable. Ne devenez pas, avec votre ami Alain Mustière, les « Maître Jacques (jojo) et Maître Alain (Pierre) de Jacques Brel. Ce serait trop dommage.


Vous, cher Jacques Auxiette qui manifestiez en 1996 en compagnie de Monsieur le premier Ministre, pour la défense des zones humides et contre le projet du Carnet, vous qui dans l'Echo du Berry déclariez, il y a peine plus d'une année, en vantant le Boischaut-Sud « une région d'élevage, qui a assuré son développement sans massacrer le bocage, ni les paysages », de grâce n'ayez pas un double langage, selon les circonstances et les opportunités. Deviendriez-vous, à la fin de votre longue, trop longue carrière, et sans même vous en apercevoir, un fossoyeur de la nature, reniant sans le moindre état d'âme, vos engagements passés.


C'est bien ces incohérences, ces mensonges, ces contre-vérités que dénoncent nos concitoyens et ce samedi 22 février, dans la bonne humeur et dans la joie, nous étions nombreux à vous le rappeler. Nous ne sommes pas les irresponsables que vous dénoncez. Nous sommes des non-violents, mais comme le dit si bien Françoise Verchère, dont le mérite est immense, tellement elle parle vrai, nous sommes capables de juger avec « notre cerveau et de l'exprimer avec notre plume ».


Alors de grâce, changez de logiciel. Evoluez. Dites la vérité aux français, sinon ils se détourneront de vos mensonges. L'époque du gaspillage, de la gabegie : c'est fini. Consommons nos ressources fossiles épuisables et polluantes raisonnablement et non comme de fieffés égoïstes. Ce serait tellement un contresens dans la perspective de la Conférence Mondiale sur le Climat que présidera notre Président l'an prochain. A nous, pays riches de donner l'exemple
Que vous disent les bonnets rouges bretons, avec leur bon sens paysan ? : faisons produire le plus et le mieux possible chez nous. Evitons par l'écotaxe de sur-fiscaliser la livraison de proximité de nos biens nécessaires à notre quotidien. Posons-nous la vraie question de la détaxation du kérosène ainsi que la pérennité du low cost, si coûteux au contribuable (et pour qui veut raisonner sainement, voué, à moyen terme, à l'échec). A NAI, seul le low cost est générateur de la croissance du nombre de passagers. Comment un déplacement de 20 kms au nord de Nantes, avec une piste de même longueur, changerait quoi que ce soit au trafic aéroportuaire. Les deux dizaines de kilomètres économisés aux bretons ne changeront en rien leur vie ou leur économie. Votre aéroport du Grand Ouest n'est qu'un mot de plus dans vos éléments de langage. Les pistes ont l'exacte même longueur que celle de Nantes Atlantique International. L'accès sera plus coûteux. Ce ne sont finalement que des mots, des mots anesthésiants pour qui veut réfléchir. De la réclame, en somme, comme disait ma grand-mère.


En revanche, le coût écologique sera immense du fait du bétonnage et du bitumage de si nombreux hectares de zones humides et tampons en tête de bassins, notamment pour le Pays de Vilaine, en aval. La revue Nature annonçait, le week-end dernier, un doublement des risques inondation dans les décennies à venir, pour nos territoires. Evidemment vous pouvez le nier, l'ignorer, le passer sous silence. Pourtant des faits récents sont déjà là et ils sont têtus.


Dame Nature ne veut plus être violée, pas même à Notre Dame des Landes.

Pour ce qui concerne votre gloire de gagner tous vos procès, j'aurais moins d'arrogance. Des condamnations au pénal, sur plainte du commandant Pierre M..ant, outragé que deux jeunes, Erwan et Elise, se soient dénudés en sa présence. J'espère au moins qu'il n'aura pas eu besoin d'un trop coûteux soutien psychologique et qu'aujourd'hui, il va mieux. Rassurez-moi sur ce point essentiel. A défaut, je puis lui offrir la cassette du film « Les gendarmes de St Tropez », avec Louis de Funès. Il pourra ainsi se remettre de ces affreux outrages subis dans l'exercice de sa haute mission. J'ajoute que la condamnation pour dégradations de bâtiments (publics) (graffitis et autres) destinés à être totalement détruits par le concessionnaire, ne manque pas de sel, reconnaissez-le.


La Bretagne et les Pays de Loire possèdent tellement de richesses du fait d'un littoral de près de 3000kms, que vous seriez mieux avisé, monsieur le Président, de concentrer tous les efforts financiers de nos régions, à les développer toujours plus.


Je suis certain que vos ennemis jurés que sont les occupants de la Zad et qui sont dans leur immense majorité des pacifistes, seront les premiers à vous applaudir. Vous pourrez même offrir à nombre d'entre eux un travail rémunérateur, même s'ils savent se contenter de peu.


A Quelneuc, j'aide un de ces jeunes zadistes (3 mois à NDDL) dont le frère réside sur la commune, à acquérir une petite maison sans le moindre confort. Je ne le connaissais même pas, fin janvier. Il voudrait s'installer ici et cultiver paisiblement quelques terres tout en élevant volailles et petits animaux. Il vit dans un vieux combi. Je ne pense pas que ce soit celui de Notre Premier Ministre.


Cher Monsieur le Président Auxiette, ne le faites pas jeter dans la prison de Nantes. Il pourrait ravir le cœur de la fille du geôlier. Retrouvez plutôt vos idéaux de jeunesse. Ayez du cœur, un cœur à gauche, pas un cœur de pierre.


Avec l'humaniste Howard ZINN, professeur émérite à Boston « j'éprouve bonheur et plénitude, en m'engageant, avec d'autres, pour une cause noble et digne »


René Leblanc (alias : the white Plouc)

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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