27
Janvier

Prise de parole COPAIN - 27/01/2016 - Hollande ! C'est le moment ! Copain s'opposera fermement à toute expulsion !

Publié dans Communiqués de presse

Prise de parole - Notre-Dame-des-Landes, Ferme du Liminbout, le 27 janvier 2016
 

Nous, paysans et sympathisants de Copain 44 et d'ailleurs, sommes tous venus, aujourd'hui, avec nos tracteurs vigilants, pour manifester notre totale soutien et notre solidarité avec les occupants de la ZAD, historiques ou non. C'est aussi pour réaffirmer notre totale détermination et notre colère.

Lundi 25 janvier, par son jugement, le juge du TGI de Nantes a clairement remis la responsabilité de l'expulsion des habitants et paysans historiques, sur la ZAD de Notre Dame des Landes, entre les mains de François Hollande et de son gouvernement.
Par son jugement, il rend les fermes expulsables, immédiatement.
Dès demain, le pouvoir en place est autorisé à ordonner la saisie et la séquestration des cheptels, matériels et troupeaux.
Nous paysannes et paysans de Copain du 44 et d'ailleurs, ne pouvons admettre que nos collègues de Notre Dame des Landes et leur fermes soient considérés comme des malfrats que l'on peut virer sans délais et sans solutions de secours.

Non, en réalité, ceux que l'on veut virer comme des malpropres, sont des militants de la première heure qui ont décidés de résister jusqu'au bout, malgré toute la précarité pour eux et pour leur famille. Ils sont encore là aujourd'hui, parce qu'ils savent toutes les incohérences et les mensonges du dossier de la déclaration d'utilité publique, et qu'ils ne peuvent admettre que l'on rase leurs habitations ou leurs fermes, pour servir des intérêts économiques privés ou des ambitions politiques qui n'ont rien à voir avec le dossier.

Aujourd'hui, les occupants historiques ou non, sont devenus pour nous tous les portes drapeaux de nos engagements respectifs pour une autre conception du développement du territoire, de la protection de la biodiversité, de la relocalisation de la production alimentaire, d'une nouvelle façon de penser le vivre ensemble, respectueuse de l'homme et de son environnement.

C'est pour cela que nous sommes là aujourd'hui, pour faire la démonstration que nous nous opposerons fermement à toute expulsion des occupants de la ZAD et à toute tentative de démarrage de travaux quel qu’ils soient.
A la moindre tentative de passage en force, nous serons des centaines avec nos tracteurs vigilants sur la ZAD et sur tous le territoire français pour tout bloquer, avec les dizaines de milliers d'opposants qui sont dès à présent prêts à agir.

Plusieurs de nos collègues paysans, comme d'autres opposants au projet d'aéroport sont aujourd'hui traduits en justice, après avoir été arrêtés au cours de rassemblements ou actions revendicatives collectives. Il s'agit bien là d'inculpations politiques visant à briser le droit à manifester ou d'exprimer un désaccord citoyen par la criminalisation de l'action syndicale et de la revendication sociale.
Nous rattachons sans ambiguïté ses inculpations politiques à la récente condamnation des syndicalistes de Goodyear, à Amiens, à deux ans de prison dont 9 mois fermes, aux syndicalistes d'Air France licenciés ou à nos collègues paysans de la Somme opposés à l'usine des mille vaches également condamnés comme des délinquants.

Si nos gouvernants pensent pouvoir museler notre colère par cette répression, l'effet est tout inverse, elle ne fait que mobiliser plus de soutiens et de solidarité.

Nous appelons donc, encore une fois, M.Hollande a annoncer, avant qu'il ne soit trop tard, la suspension de toutes les procédures d'expulsion jusqu'à l'aboutissement de la totalité des recours juridiques, de prononcer l'annulation de la DUP et le lancement d'une étude réellement objective de l'optimisation de l'aéroport actuel, et à terme, l'abandon définitif de ce projet d'un autre temps.

Dans l'attente, les actions des paysans de Copain menées ces dernières semaines vont continuer et s'amplifier.
Seule une annonce claire et sans ambiguïté du président Hollande nous ramènera dans nos fermes.
 

Il n'y aura pas d'aéroport à Notre Dame des Landes,
Nous mettrons tout en œuvre pour empêcher la disparition des terres de  la ZAD et de tous ceux qui la font vivre.

 

 

La vidéo de Ouest-France

 


Les tracteurs vigilants sont dans la Zad par OuestFranceFR

10
Décembre

Prise de parole rassemblement soutien aux expulsés Paris Stalingrad le 10 décembre 2015

Merci d'avoir répondu à notre appel à ce rassemblement de soutien ! Si nous nous retrouvons en effet ici, profondément indignés, ce jeudi 10 décembre, c'est que commence en ce moment même à Nantes une audience en référé-expulsion au Tribunal de Grande Instance de Nantes. Cette assignation concerne 4 exploitations agricoles et 11 familles : paysans, habitants locataires ou propriétaires historiques. Nous allons vous parler d'eux et de leur lutte, qui est aussi la nôtre !

 

 

Mais comment ne pas évoquer d'abord le contexte de cette audience, contexte marqué par la tenue de la COP et l'état d'urgence.

La COP21 vit ses derniers jours, et avec elles les beaux discours du gouvernement d'une France qui serait exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors que ce gouvernement, docile élève de l'Europe ultra-libérale, n'a de cesse de promouvoir le développement d'une agriculture soi-disant « durable » !

Alors qu'il soutient une agro-industrie excessivement polluante, qui détruit autant les sols qu'elle condamne les petites fermes !

Alors qu'il a une politique de subventions et de soutien aux grosses propriétés au détriment de l'agriculture paysanne !

Alors qu'il laisse se multiplier jusqu'à l'absurde les projets touristico-commerciaux qui dévorent ou artificialisent les terres agricoles !

Alors que la faiblesse toute relative des émissions de carbone de la France ne tient qu'au développement de ses réacteurs atomiques, qu'elle cherche d'ailleurs à exporter toujours davantage, sans politique claire et soutenue de développement des énergies renouvelables, laissant aux générations futures le fardeau des déchets et du démantèlement des centrales !

Et nous pourrions développer bien d'autres cas de l'hypocrisie de ce pouvoir !

 

L’État d'urgence proclamé à la suite des attentats de novembre crée également un contexte très particulier !

Il ne nous a pas fallu très longtemps pour voir qui a été visé, et continue à l'être, par cet état d'urgence :

Assignations à résidence pour la durée de la Cop 21, sur simple présomption du fait que les personnes visées seraient susceptibles de se mobiliser..., gardes à vue... concernent des militants réputés « écologistes » !

Interdictions de manifester, avec une répression sans précédent des militants bravant l'état d'urgence pour rappeler que le droit de manifester est un droit humain ! Nous avons vu le 29 novembre place de la République à Paris la violence policière, les coups, les blessures, les centaines d'embarquement de personnes prises dans des nasses soigneusement construites !

Il s'agit d'instaurer la peur, de verrouiller le débat public et de casser les solidarités !

La lutte pourrait aussi être concernée directement par l'état d'urgence sur un autre plan car selon M.Stephan de Ribou, sous-préfet spécialement nommé auprès du préfet pour mener à bien le projet d'aéroport, « le dossier de NDDL ne serait désormais plus prioritaire, les moyens de police devant se centrer sur la lutte contre les terroristes et non sur l'expulsion des habitants pour vider la zone » (c'est lui qui parle, bien évidemment!). Mais il semble bien que les expulsions soient toujours à l'ordre du jour !

 

Revenons en effet maintenant à cette audience d'aujourd'hui à Nantes, et aux personnes qui y sont concernées.

AGO/Vinci qui a obtenu en 2010 la concession de la construction et de la gestion du futur éventuel aéroport, agit pour le compte de l’État via le ministère de l'écologie ; il est inimaginable qu'il ait pu lancer cette procédure sans un feu vert au plus haut niveau.

Ses prétentions sont exorbitantes :

  • l'expulsion immédiate, sous peine d'astreinte de 200€‚ par jour et par dossier (4 pour certains) et si besoin avec le concours de la force publique.
  • saisie et séquestration des biens, outils de travail et cheptel ;
  • sans qu'il soit tenu compte de la trêve hivernale.

Ces demandes révoltantes sont sans précédent... On peut d'ailleurs rappeler que pour M. Ramery, magnat du BTP devenu « paysan »avec la ferme-usine des mille vaches, qui dépasse de 380 bêtes son autorisation, il n'a que 780 euros d'astreinte journalière, et qu'il n'a jamais été question de lui enlever ses vaches !

Toutes les personnes assignées sont concernées par l'accord politique de sortie de la grève de la faim de mai 2012, passé avec M. Hollande le 8 mai, qui protégeait contre l'expulsion les habitant-e-s vivant sur la zone avant la déclaration d'utilité publique, c'est pourquoi elles sont parfois désignées comme 'historiques'. Cet accord a été confirmé en 2014 par Ms Ayrault et Valls et élargi aux recours environnementaux (loi sur l'eau, espèces protégées) ; ces derniers ne sont pas épuisés, ils ont été jugés seulement en première instance, un acte juridique en comportant éventuellement trois : première instance, appel, cassation ou Conseil d'état.

Ces personnes ont affronté les tracasseries policières, administratives et judiciaires liées à l'expropriation ou l'expulsion : Marcel a été l'un des grévistes de la faim, Sylvain, accusé d'agression envers les forces de l'ordre avec arme (son tracteur) pour avoir essayé de protéger des manifestants en s'interposant avec sa remorque a été blanchi de cette accusation. Sylvie, Brigitte ont fait un énorme travail de communication, ont résisté aux forces policières... Tous, toutes sont des âmes de la résistance, tous, toutes ont porté la lutte ...

 

Car il faut refaire un peu d'histoire. Rappelons que cette lutte dure depuis plus de 40 ans et que les paysans y ont joué un rôle déterminant dès la création de la Zad (zone à aménagement différé) en obtenant la possibilité d'installation de jeunes sur les terres acquises par le Conseil Général grâce à son droit de préemption. Hervé, l'un des paysans concernés aujourd'hui, s'est installé « hors cadre » sur les terres de son père dès 1978.

Après le réveil du projet en 2000, la lutte s'est élargie d'abord par la création de l'Acipa en 2000,  puis, autour d'elle, la Coordination des opposants s'est structurée petit à petit. Elle regroupe actuellement près de 55 organisations variées, syndicales (Confédération Paysanne, Solidaires), des collectifs (élus...), des associations citoyennes ou de protection de l'environnement, des partis politiques. D'innombrables réunions d'informations, d'actions de mobilisations diverses, d'opposition sur le terrain au début des travaux... ont accompagné la construction d'une vraie expertise citoyenne et le lancement de nombreux recours juridiques. Ces derniers n'étant pas suspensifs, c'est la lutte qui impose le respect de la « trêve ».

Ces habitants et paysans « historiques »ont été rejoints sur la ZAD (devenue "zone à défendre"), surtout à partir de 2009 et après 2012, par de nouveaux occupants, pour éviter que le territoire ne se vide et pour y inventer d'autres formes de vivre ensemble, d'autres manières d'habiter, de cultiver... Des expériences prometteuses dans les domaines les plus variés ont vu le jour et se poursuivent patiemment.

Malgré les engagements de mai 2012, une tentative ultra-violente d'expulsion de la zone de ces habitants les plus récents a eu lieu en octobre 2012. Nous en avons tous en mémoire le souvenir ou les images. La résistance déterminée des habitants et opposants, soutenus par un immense élan de solidarité des populations proches et la création de comités de soutien un peu partout, a mis en échec la stratégie policière de l’État pour vider la ZAD.

Malgré les propos de M. Valls, aucune date n'est actuellement fixée pour le début des travaux, il n'y a donc aucune espèce d'urgence. C'est si vrai que, dans le même temps, Vinci signe des baux précaires pour que des parcelles de la ZAD soient mises en culture la saison à venir.

 

Face à l'échec de la stratégie policière de 2012, une autre stratégie est maintenant lancée : celle de frapper au cœur et au porte-feuille des paysans et habitants, par les menaces sur les troupeaux, les maisons, ainsi que par les astreintes financières. Il s'agit de mettre à genoux les paysan-ne-s et habitant-e-s. Leur départ permettrait de vider plus facilement la ZAD, puisque n'y resteraient plus alors que les « zadistes » traités d'affreux minoritaires ultra-violents quand ce n'est pas de « terroristes »

 

En cela le référé menace, non seulement les personnes assignées,

mais aussi tous les occupant-e-s de la zone,

mais aussi tous les opposants aux grands projets inutiles et imposés !

Il cible des lieux de vie, de solidarité, d'organisation, d'invention d'autres mondes possibles car nous refusons celui du profit, du béton et de la terreur.

Et en cela le référé-expulsion nous menace tous !!!

 

Nous exigeons l'abandon du projet d'aéroport et, sans aucun délai, l'abandon de la procédure à l'encontre des personnes concernées. AGO doit de se désister de ses demandes d'expulsion des habitants historiques du site.

De fortes mobilisations seront aussi certainement nécessaires dans les jours et semaines à venir, nous vous demandons d'être particulièrement attentifs aux appels. Nous ne gagnerons pas sans vous ! Merci !

au nom des militants et collectifs NDDL présents à Paris, ayant appelé à ce rassemblement

10
Janvier

Prise de parole rassemblement soutien aux assignés en expulsion - Nantes le 9 janvier 2016

Merci d'avoir répondu à notre appel à cette journée de mobilisation ! Si nous nous retrouvons ici, nombreux-ses et profondément déterminé-es, ce samedi 9 janvier 2016, c'est parce qu' une audience en référé-expulsion au Tribunal de Grande Instance de Nantes a eu lieu à Nantes le 10 décembre, et que la procédure se poursuit. L'assignation concerne 4 exploitations agricoles et 11 familles : paysans, habitants locataires ou propriétaires historiques. Nous allons vous parler d'eux et de leur lutte, qui est aussi la nôtre.

 

Mais comment ne pas évoquer d'abord le contexte de cette procédure, contexte marqué par la tenue de la COP et l'état d'urgence.

 

La COP21 a vécu ses derniers jours, et avec eux les beaux discours du gouvernement. La France serait exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. L' « accord de Paris » serait un succès magnifique de notre diplomatie, alors que cet accord est notoirement insuffisant sur la réduction des émissions de CO2. Il est non contraignant, y compris sur le financement des mesures d'accompagnement du changement climatique pour les populations les plus menacées : les insulaires, les habitants des estuaires...

 

Hollande et Fabius seraient des sauveurs planétaires...

 

Alors que ce gouvernement, docile élève de l'Europe ultra-libérale, n'a de cesse de promouvoir le développement d'une agriculture soi-disant « durable » !

 

Alors qu'il soutient une agro-industrie excessivement polluante, qui détruit autant les sols qu'elle condamne les petites fermes !

 

Alors qu'il a une politique de subventions et de soutien aux grosses exploitations au détriment de l'agriculture paysanne !

 

Alors qu'il laisse se multiplier jusqu'à l'absurde les projets touristico-commerciaux qui dévorent ou artificialisent les terres agricoles !

 

Alors que la faiblesse toute relative des émissions de carbone de la France ne tient qu'au développement de ses réacteurs atomiques. Non contente d'en prolonger la durée de vie, elle cherche d'ailleurs à en exporter toujours davantage, laissant aux générations futures le fardeau des déchets et et l'impossible tâche du démantèlement des centrales !

 

Et nous pourrions développer bien d'autres exemples de l'hypocrisie de ce pouvoir !

 

Hollande avait pendant cette COP une excellente raison d'annoncer l'abandon définitif du projet, ou à tout le moins de réaffirmer son engagement, arraché par notre lutte, à attendre le rendu de la totalité des recours avant tout début de travaux et toute expulsion. Non seulement il n'en a pas saisi l'occasion, mais le gouvernement a laissé de fait AGO/Vinci lancer une procédure en urgence, un référé-expulsion.

 

L’État d'urgence proclamé à la suite des attentats de novembre a permis d'interdire de manifester. Une répression sans précédent s'est abattue sur les militants bravant cet état d'urgence.

 

Il s'agit d'instaurer la peur, de verrouiller le débat public et de casser les solidarités !

 

Aujourd'hui, nous bravons collectivement l'état d'urgence, l'urgence qui est la notre est celle de la défense des terres agricoles et de ceux qui les font vivre.

 

Revenons maintenant à Nantes, et aux personnes concernées par la procédure en cause.

 

AGO/Vinci qui a obtenu en 2010 la concession de la construction et de la gestion du futur éventuel aéroport, agit pour le compte de l’État via le ministère de l'écologie ; il est inimaginable qu'il ait pu lancer cette procédure sans un feu vert au plus haut niveau.

 

Ses prétentions sont exorbitantes :

  • l'expulsion immédiate, sans qu'il soit tenu compte de la trêve hivernale, sous peine d'astreinte de 200€‚ par jour et par dossier (5 pour certains) et si besoin avec le concours de la force publique.
  • saisie et mise sous séquestre des biens, outils de travail et cheptel.

Ces demandes révoltantes sont sans précédent... On peut comparer avec le cas de M. Ramery. Ce magnat du BTP est devenu agro-industriel avec la ferme-usine des mille vaches. Il dépasse de 380 bêtes son autorisation, il ne paye pas son astreinte journalière, et il n'a jamais été question de lui enlever ses vaches !

 

Toutes les personnes assignées sont concernées par l'accord politique de sortie de la « grève de la faim » de mai 2012, passé avec M. Hollande le 8 mai. Cet accord protégeait contre l'expulsion les habitant-e-s vivant sur la zone avant la déclaration d'utilité publique, c'est pourquoi elles sont parfois désignées comme « historiques ». Cet accord a été confirmé en 2014 par M. Ayrault et Valls. et élargi aux recours environnementaux (loi sur l'eau, espèces protégées) ; ces recours ne sont pas épuisés, ils ont été jugés seulement en première instance, alors qu'un acte juridique en comporte éventuellement trois : première instance, appel, cassation ou Conseil d'Etat.

 

Ces personnes, nos ami-e-s, nos frères et sœurs, ont affronté les tracasseries policières, administratives et judiciaires liées à l'expropriation ou l'expulsion. Alphonse continue à déclarer « je suis né ici, je reste ici ! ». Hervé s'est installé sur les terres de son père dès 1978, malgré l'annonce du projet. Joël a toujours refusé toute rencontre avec AGO et la chambre d'agriculture, il a décidé de rester jusqu'au bout avec sa famille. Marcel a été l'un des grévistes de la faim, Sylvie, paysanne au Liminbout depuis 1998, a fait un énorme travail de communication avec son blog « Paroles de campagnes »... Sylvain a été accusé d'agression envers les forces de l'ordre avec arme (son tracteur) pour avoir essayé de protéger des manifestants en s'interposant avec sa remorque. Il a finalement été blanchi de cette accusation. A l’automne 2012, au plus fort de l'Opération César, l'accueil par Sylvain et Brigitte à la Vache Rit des occupants des maisons détruites a permis la tenue pendant des semaines d'un QG pour la résistance. Ce quartier général a tout à la fois exprimé et soudé la solidarité dans le mouvement entre les anciens et les nouveaux arrivés. Les habitant-e-s de la Saulce, La Rolandière, Saint-Antoine, Les Fosses Noires, le Liminbout ont ouvert leurs maisons aux personnes en lutte, à l'automne 2012 mais bien avant aussi... Il faudrait les citer tous, toutes... Tous, toutes incarnent la résistance, tous, toutes portent la lutte ...

 

Malgré les engagements de mai 2012, une tentative ultra-violente d'expulsion hors de la zone de ces habitant-e-s les plus récent-e-s a eu lieu en octobre 2012. Nous en avons tous, toutes en mémoire le souvenir ou les images. La résistance déterminée des habitant-e-s et opposant-e-s, soutenu-e-s par un immense élan de solidarité des populations proches et la création de 200 comités de soutien dans toute la France et au-delà, a mis en échec la stratégie policière de l’État pour vider la zone. La zad de Notre Dame est plus active que jamais, il s'y invente d'autres formes de vivre ensemble, d'autres manières d'habiter, de cultiver... Des expériences prometteuses dans les domaines les plus variés ont vu le jour, et se poursuivent patiemment.

 

Malgré les propos de M. Valls, aucune date n'est actuellement fixée pour le début des travaux, il n'y a donc aucune espèce d'urgence. C'est si vrai que, dans le même temps, Vinci signe des baux précaires pour que des parcelles de la ZAD soient mises en culture la saison à venir.

 

Face à l'échec de la stratégie policière, relativement grossière, de 2012, une stratégie sournoise, apparemment plus discrète mais tout aussi violente, est maintenant lancée : celle qui consiste à frapper au cœur et au porte-feuille des paysan-nes et habitant-e-s, par les menaces sur les troupeaux, les maisons, ainsi que par les astreintes financières.

 

Le gouvernement prétend ainsi vider une partie de la zone à moindre frais et appauvrir la diversité sociale qui en fait la richesse et la force. Mais c'est sans compter sur la capacité du mouvement anti-aéroport à faire face. Aujourd'hui, nous sommes toutes et tous des paysan-nes en lutte et des habitant-e-s qui résistent !

 

Notre résistance est fertile car elle puise sa créativité dans nos différences. Nous devenons l'écho d'un peuple bigarré qui s'unit face à l'absurdité de ce monde... Nous nous préparons à faire face à toute éventualité !

 

Notre réactivité est un atout majeur. Bien qu'annoncée 3 jours avant seulement, nous étions nombreu-ses à l'audience devant le tribunal, le 10 décembre. Nous avons alors prévu une mobilisation le 16 janvier sur le périphérique nantais, AGO a obtenu une nouvelle audience le 13 janvier... Nous voilà présent-es le 9 !

 

Notre détermination est sans faille. On leur a pourtant déjà dit, on lâche rien !

 

Ce référé menace, non seulement les personnes assignées,

mais aussi tous les occupant-e-s de la zone,

mais aussi tous les opposant-es aux grands projets inutiles et imposés !

Ce référé cible des lieux de vie, de solidarité, d'organisation, d'invention d'autres mondes possibles de personnes qui refusent le monde du béton, du profit et de la terreur.

 

Et en cela le référé-expulsion nous menace tous !!!

 

Notre perspective est l'abandon du projet d'aéroport, et sans aucun délai l'abandon de la procédure à l'encontre des habitants historiques du site. AGO doit se désister de ses demandes d'expulsion !

 

À l'appel des composantes de la lutte contre l'aéroport :

des membres de la Coordination (ACIPA, ADECA, Agissons Pour l’Avenir, ATTAC, CANVA, CéDpa, CELA,

Confédération Paysanne 44, décroissanceS-MOC, GAB44, PG44, NPA, UD44 Solidaires, EELV, ENSEMBLE !,

Nature-Avenir, Natur-Action, OBSLAB, Vertou Écologie Solidarité, Sèvre Propre 2015, Solidarités Écologie), le

COPAIn, Naturalistes en lutte, des habitant-e-s de la ZAD, des comités de soutien...

 

14
Mars

Intervention de Françoise Verchère pour le CéDpa au rassemblement du 27 février 2016

Le nez des porteurs de projet NDL s'est encore allongé depuis notre dernière manifestation. Il sera bientôt aussi long qu'est haute la vigie en cours de construction sous nos yeux !

Nous avons fini par trouver la grandiose arnaque (voir ici) qui en 2007 au moment de l'enquête d'utilité publique a permis de présenter une étude socio-économique soi-disant favorable au transfert.

Fondée sur le mensonge de la saturation de NA à 56 000 mouvements, et sur un scénario de science-fiction aéronautique tellement tordu qu'il est impossible de l'expliquer facilement …Cette arnaque n'était pas dans le dossier d'enquête publique. Il nous aura fallu solliciter la Commission d'Accès aux Documents Administratifs, la ministre de l’Écologie, sortir la loupe au sens propre, lire et relire pour trouver enfin! Encore n'avons-nous pas tout élucidé car nous n'avons toujours pas l'étude complète.

Mais on comprend mieux que la Direction Générale de l'Aviation Civile ait refusé depuis si longtemps de nous répondre. Le fera-t-elle pour les inspecteurs nommés par Ségolène Royal qui doivent remettre un rapport pour le 30 mars ? Un rapport dans lequel ils doivent , et c'est une première, comparer le projet de NDL et d'autres solutions comme l'optimisation de Nantes-Atlantique ou la mise en réseau des aéroports existants.

Nous voulons bien encore essayer d'y croire même si les élus échaudés craignent désormais toute nouvelle commission qui pourrait être nouvelle entourloupe. Comme peut l'être aussi cette idée de consultation ou de referendum qui pose tant de questions : sur le périmètre, sur la formulation, sur les moyens matériels et financiers donnés aux deux parties. On ne sort pas de l'impasse d'un mauvais projet par une question posée in fine mais par d'abord la vérité.

Car nous ne pouvons accepter que la décision publique soit fondée sur le mensonge, sur la paresse intellectuelle qui fait que tant d'élus ne rouvrent pas le dossier, sur les petits arrangements avec le monde financier et probablement avec la spéculation immobilière.

Nous, élus et anciens élus, nous ne pouvons accepter que la notion d'intérêt général soit à ce point bafouée, que l'opacité pour ne pas dire plus, règne, alors que les mots de transparence et de démocratie sont répétés à l'envi.

Nous ne pouvons accepter que de telles pratiques jettent la suspicion sur toute action politique et creusent le fossé déjà très profond entre la population et ceux qui sont censés la représenter.

NDL est le signe de la faillite intellectuelle et morale de ceux qu'on appelle à tort « les élites ».

Nous tous ici,  nous sommes les « gens ordinaires » dont parlait Georges Orwell, ceux pour qui les valeurs d'honnêteté, de vérité, de bien commun, de partage ont encore un sens.

Notre combat collectif est le signe de la volonté inébranlable que nous avons de nous réapproprier l'avenir et de décider de la vie que nous voulons mener sur cette terre déjà si malmenée.

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Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

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