14
Janvier

Fiche n°10 : Lutte des paysans

Publié dans Fiches thématiques

Depuis près de 50 ans, les agriculteurs cultivant les terres de Notre Dame des Landes sont aux premières lignes de la lutte contre le projet. Malgré les opérations de Vinci, leur résistance et celle des propriétaires reste forte. Onze exploitations refusent l’accord à l’amiable, parmi elles, quatre bloquent, encore aujourd’hui le cœur du projet sur 450 ha.

Les premiers opposants au projet d’un nouvel aéroport ont été les paysans : l’ADECA, Association de Défense des Exploitants Concernés par le projet d’Aéroport est créée en 1973. Les paysans de l’époque sont aujourd’hui à la retraite et ont pu faire toute leur carrière malgré un projet qui a toujours connu des hauts et des bas. Il n’y a pas eu d’abandon des terres et des exploitations car l’ADECA s’est battue pour chaque installation. Sylvain Fresneau est l’actuel président de l’ADECA.

Toutes les organisations syndicales agricoles se sont prononcées contre ce projet, toutes sont scandalisées par la consommation de terres agricoles. Par contre, toutes ne sont pas là, dans les mobilisations à Notre Dame des Landes. La Confédération Paysanne locale, départementale et national s’est toujours impliquée contre ce projet. Depuis 2012, les tracteurs se comptent par centaines (220 à 500) à chaque manifestation.

En 2011 se crée le COPAIn 44, Collectif des Organisations Professionnelles Agricoles INdignées par le projet d’aéroport1, en solidarité avec les paysans « irréductibles », mais aussi pour des raisons globales et sociétales. D’autres COPAIns sont nés depuis dans des départements proches. Ces collectifs ont montré leur engagement en encerclant avec 45 tracteurs le lieu reconstruit de La Châtaigne, puis la ferme de Bellevue, menacée de destruction. Ils entendent bien pérenniser cette « ZAD - Zone d’Agriculture Durable » en créant des emplois par des activités de maraîchage et d’élevage.

En 2012, lors de la grève de la faim, la commission agricole du Parti socialiste de Loire Atlantique prend publiquement position contre le projet.

Résistance des propriétaires : sur 780 ha détenus par des propriétaires privés, seulement 142 ha (18%) ont été négociés à l’amiable, ce qui représente 16% (94/577) des propriétaires. Ce refus de vendre est dû à deux raisons : l’opposition au projet et le prix de 1600 € par ha, scandaleux au regard du projet d’aménagement et des profits que Vinci escompte réaliser sur ces terres. Pourtant, Vinci a utilisé tous les moyens d’intimidation pour persuader les gens de vendre : « vous n’avez pas le choix », «vous irez devant le juge », « les frais d’avocats sont terribles », appels téléphoniques répétés...

Résistance des agriculteurs : onze exploitations n’ont pas signé d’accord amiable, soit 19 personnes (source AGO). L’ordonnance d’expropriation de février 2012 concerne ces 11 exploitations. Le seul débat autorisé porte sur le montant du chèque qui leur serait fait. Une fois le chèque déposé à la caisse des dépôts et consignations, les agriculteurs sont considérés comme « squatters » de leurs propres terres, de leur siège d’exploitation, et de leur habitation.

4 exploitations, soit 9 personnes se situant au cœur de la zone (donc totalement ou très impactées) constituent un ensemble bloquant de 450 ha environ. Ces exploitations, expulsables dès 2013, ont été protégées par l’accord politique du 8 mai 2012, obtenu grâce à la grève de la faim de plusieurs opposants. Cet accord prévoyait qu’exploitants et habitants de maisons avec titres à la date de la DUP (9 février 2008) ne seraient pas expulsés avant l'épuisement de quatre recours déposés avant le 5 mai 2012. A l’automne 2015, les derniers exploitants et habitants se sont vus notifier leur dossier d’expropriation qui dormait depuis 3 ans. Ils ont ensuite été convoqués en jugement pour expulsion. Cela a donné lieu à de nombreuses mobilisations : plus de 20 000 personnes et 400 tracteurs le 9 janvier 2016 sur le périphérique nantais, blocages de routes par le COPAIn (400 tracteurs mobilisés) les 11 et 12 janvier ainsi qu’une opération escargot le 12 par des voitures. Le 13 janvier, le tribunal administratif de Nantes décide que les derniers agriculteurs résistants sont expulsables de leur maison et de leur ferme avec un délai de deux mois. Le délai est expiré, les agriculteurs restent en place, continuent à cultiver les terres, y compris celles de leurs voisins qui sont partis. De manière individuelle, mais aussi collective, ils ne laisseront pas les friches s’installer.

AGO-Vinci donne des statistiques fausses (« plus de 80 % d’accord à l’amiable »), car il intègre dans les achats amiables la surface très importante, 870 ha, acquise il y a 40 ans par le Conseil général de Loire-Atlantique et cédée (un euro symbolique) à AGO Vinci et les dossiers non retenus par le juge pour aller à un jugement d’expropriation du fait de défaut de procédure.
Depuis 2011, 29 accords « amiables » ont été obtenus par Vinci avec des exploitants : proximité de la retraite, soucis de santé, choix de prendre acte du projet, et parfois fortes pressions subies. Parmi les exploitations très impactées qui ont signé un accord amiable, seul un élevage de chiens, bloqué dans son activité par l’opération César, a recréé un siège, les autres personnes concernées ont pris leur retraite ou l’ont anticipée et, pour certaines, ont licencié des salariés.

En 1973, il y avait 43 maisons sur la ZAD ; quelle est la situation actuelle ?

  • 6 ont été détruites avant 2008
  • 13 en octobre et novembre 2012 (opération César)
  • 1 en janvier 2013 (malgré la trêve demandée pendant la commission de dialogue)


Il reste 8 maisons en instance de destruction et 15 en sursis car leurs habitants sont protégés par l’accord politique du 8 mai 2012.
Les opposants et notamment le COPAIn (« Tracteurs vigilants ») s’engagent pour empêcher les destructions prévues (occupation et sauvetage de la ferme de Bellevue avec participation à une gestion solidaire du foncier en 2013)

Les paysans emblématiques de cette lutte sont directement et totalement menacés, mais agissent autant pour la cause globale et collective face à un projet qu’ils estiment du passé, inutile et injuste, que pour la sauvegarde de leurs exploitations et lieux de vie. Sylvie anime le blog « Paroles de campagne »2

L’opération policière nommée César (fin 2012) fut un moment de fortes tensions et la vie s’est compliquée sérieusement :

  • destruction de maisons voisines,
  • circulation avec de longs détours
  • forces de l’ordre envahissantes (camions sur les parkings privés, dans les entrées de ferme, sous l’auvent de la stabulation à vaches…),
  • barrières jamais refermées (obligation de courir plusieurs fois après des génisses),
  • rangées de clôture de barbelés et barrières coupées


Depuis avril 2013, le mouvement d’occupation a choisi de cultiver collectivement des terres pour chercher à être autonome et pour lutter contre le projet. Différents projets de maraîchage, de cultures de légumes de plein champ et d’élevage ont vu le jour. Une trentaine d’hectares sont cultivés collectivement en herbe, sarrasin et blé.
Le pain produit sur la Zad sur deux sites et cinq jours par semaine, est désormais produit à partir du blé et du sarrasin récoltés sur zone.

De nombreux liens se tissent ainsi très régulièrement entre les différents acteurs de la lutte.
Depuis le printemps 2016, quatre projets d’installation agricole sont en cours. Ce sont des projets modestes, en complément des activités agricoles des occupants et des paysans résistants, mais cela illustre bien le paysage diversifié que les acteurs de la lutte préparent pour l’avenir après l’arrêt du projet.

 

Voir aussi les fiches   11 Agriculture : emprise, activité, emplois
   12 La question des emplois
 et  15 Volet juridique

 


Mise à jour du 01/05/2016

(1) : Confédération Paysanne, GAB, CIVAM, Terroirs44, Accueil Paysan, Manger Bio44
(2) : http://parolesdecampagne.blogspot.fr/
12
Décembre

AGO Vinci débouté dans sa procédure pour expulser Virgile Mazery, paysan apiculteur

Publié dans Communiqués de presse
Communiqué de presse du Copain 44 du 12 décembre 2013

Le 10 décembre, le tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire a débouté la société AGO Vinci dans sa procédure pour expulser Virgile Mazery, paysan apiculteur dont les ruches participent depuis plusieurs années à la biodiversité sur la zad de Notre-Dame-des-Landes. 

Le tribunal condamne AGO Vinci à verser 1000 euros à Virgile Mazery et à payer les frais de justice. Surtout le tribunal réfute la qualification de trouble illicite pour l'occupation de la parcelle par l'apiculteur, ses ruches et ses abeilles. 

Par ce jugement, comme par l'annulation de l'ordonnance sur requête concernant les semis collectifs du 05 octobre, le tribunal légitime notre action d'occupation, de protection et d'entretien des terres de la zad.

Dans un contexte où la légitimité du projet de transfert est plus que jamais contestée par la précision des contre-études d'élus et d'experts reconnus, AGO Vinci, soutenu par le pouvoir politique en place et les lobbys des BTP, cherche à gagner du temps et à provoquer l'irréversible en expulsant et détruisant terres, fermes et habitations. 

Aujourd'hui, nous paysans, au côté de tous les opposants au projet, réaffirmons notre détermination et nous opposerons à tout début de travaux quels qu'ils soient.

La vocation des terres de la zad n'est pas de permettre une perfusion d'argent public ponctuelle dans un secteur BTP malmené, mais de garantir l'alimentation de la population locale et des métropoles voisines pour les générations à venir.


Le Copain 44
11
Octobre

Gardons les terres de Notre Dame des Landes

Publié dans Communiqués de presse
Communiqué de presse de l’ADECA – Notre-Dame-des-Landes, le vendredi 11 octobre 2013
AGO-Vinci a obtenu une ordonnance sur requête qui interdit les semis et plantations sur la ZAD à partir du 3 octobre et pour 3 mois.
Les agriculteurs veulent continuer à semer et récolter cet automne.
C’est pourquoi l’ADECA fait appel de cette ordonnance auprès des tribunaux concernés.
Pour que continue la vie sur la ZAD, pour que le projet d’aéroport soit enterré, l'ADECA invite les opposants au projet à venir à soutenir cette action et propose deux rendez-vous de rassemblements :
  • le mardi 15 octobre à 10h00 au tribunal de grande instance de St Nazaire.
    Une présence massive est souhaitée à Saint-Nazaire;
  • le jeudi 17 octobre à 9h00 au tribunal de grande instance de Nantes,  pour ceux qui le peuvent.

Appel soutenu par les collectifs COPAIN et sème ta Zad.
L’ACIPA appelle la population à participer massivement à ces rassemblements.
 

Infos covoiturage
Mardi 15, vers Saint-Nazaire : rendez-vous à 9h Place de la Poste à Notre-Dame-des-Landes ou à Nantes- Beauséjour
Jeudi 17, vers Nantes : rendez-vous à 8h Place de la Poste à Notre-Dame-des-Landes
...
19
Avril

Une destruction de maison sur le lieu de l'aéroport?

Publié dans Communiqués de presse

Malgré les annonces du gouvernement et de la mairie de Nantes, visant à ne pas « débuter les travaux avant l'épuisement des recours juridiques », la société AGO et l'État menacent de détruire une nouvelle maison: c'est la dernière ferme de Saint-Jean du Tertre sur la commune de Vigneux-de-Bretagne.

Nous l'occupons depuis le 14 avril avec le soutien de COPAIN, de l'ACIPA et d'occupants de la zad.

L'objectif est de rénover la ferme pour pouvoir réinstaller des activités agricoles.

Nous sommes passés en procès aujourd'hui (vendredi 18 avril), et le rendu sera donné mardi 22 à 15h. D'après AGO, l'intervention aurait lieu dès le 23 avril, pour nous cette destruction c'est le début des travaux!

Une conférence de presse se tiendra mardi 22 avril à 11h à Saint-Jean-du-Tertre.

Nous restons vigilants et tenons ferme!

 

Les occupants de Saint-Jean-du-Tertre

Communiqué du 18 avril 2014

Autocollant Acipa 2012 35x35 biaisAdhésion en ligne avec paypal


Adhesion :
Si readhesion, n° adherent:
Type adhésion: *
M., Mme...
Prénom(s), Nom(s) *

Exemple pour une adhésion familiale M.et Mme Pierre et Marie DUPONT-DURAND

Pour nous faciliter l'import des données, merci d'apporter du soin à votre saisie (majuscules, accents,...)

Adresse *
N° téléphone
E-mail *
Lettre d'info de l'ACIPA

___________________________________________________________

Pour une adhésion familiale, veuillez indiquer ci-dessous les noms, prénoms des autres adhérents de votre famille.

En remplissant ces informations, vous certifiez que les personnes inscrites sont âgées de plus de 18 ans.

Prénom, Nom(1)
Prénom, Nom(2)
Prénom, Nom(3)
Prénom, Nom(4)
Prénom, Nom(5)

___________________________________________________________

Souhaitez-vous participer à la vie de l’association au niveau local .:
Participer à la vie de l’association dans une de ses commissions:
Faites-vous partie d’un comité de soutien :
Si oui lequel ?:

___________________________________________________________

Message / Commentaire :
Vérification anti spam:

[Réservé ACIPA - statut]

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

Rechercher...

Média sociaux

Retrouvez nous sur les réseaux sociaux.

Facebook Twitter RSS Vimeo

GPlus Flickr Blogger Picasa

Plan du site ↑