19
Juin

Voici le texte de la prise de parole de Françoise Verchère, au nom du CéDpa, square Daviais à Nantes le 18 juin en sortie de l'audience au tribunal administratif sur la demande d'annulation des arrêtés Loi sur l'eau et dérogation à la destruction des espèce protégées.

Texte préparé pour l'audience mais qu'il ne fut pas possible de lire dans l'enceinte du tribunal.

 

Au nom de mes collègues élus du CéDpa, je voudrais prendre la parole très brièvement. Nous sommes ou nous avons été élus, et à ce titre nous connaissons bien les procédures administratives avec leurs forces et aussi leurs défauts. Nous savons que les projets d’État sont les plus difficiles à remettre en question pour mille et une raisons et nous mesurons combien celui de Notre Dame des Landes est très chargé symboliquement.

 

Nous vous demandons ce matin de ne le juger qu'au titre du respect de la loi sur l'eau et sur la protection des espèces protégées. Valider les arrêtés qui permettraient la destruction d'une zone humide remarquable et de la biodiversité qu'elle abrite équivaudrait nous semble-t-il à vider la loi sur l'eau de toute sa substance. Ce serait aussi balayer deux avis scientifiques, celui de la commission spéciale nommée par le gouvernement en 2012 et celui du conseil national du patrimoine naturel et de la biodiversité, avis qui tous deux affirment que la destruction serait irrémédiable et incompensable.

 

Il y a quelques années, face aux alertes concernant le climat, certains remettaient en cause le constat des scientifiques. A quelques mois de la Conférence sur le Climat, il y a désormais unanimité sur le constat. Pas forcément encore sur les décisions qu'il faudrait prendre... nous verrons... A une moindre échelle, nous sommes ici devant le même paradoxe. La parole scientifique est claire : il ne faut pas détruire le bocage de NDL et pourtant on s'apprête à le faire et on vous demande de cautionner cette faute ! On parle de compenser mais je vais vous donner un exemple aisément vérifiable. Il y avait à l'arrivée de Nantes-Atlantique un petit bois qui a été rasé il y a quelques années pour réaliser un parking. La compensation consistait simplement si l'on peut dire à replanter des arbres, rien de bien compliqué. Lorsque la commission de l'environnement a été invitée à voir la plantation de compensation faite à l'intérieur de l'enceinte en octobre 2012, elle a constaté qu'il y avait au mieux 10 % de plants vivants. Si l'on n'est pas capable de planter de simples arbres, comment pourrait-on compenser un milieu aussi complexe que celui de NDL ?

 

En réalité, les décideurs sont enfermés dans un choix qui a été fait il y a 40 ans. A une époque où nous étions collectivement ignorants de certains enjeux environnementaux, notamment ceux liés à l'eau, aux zones humides, aux inondations. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Nous savons et donc nous devrions être capables de trouver de nouvelles solutions. Pour le dire simplement, quand bien même il faudrait déplacer l'actuel aéroport, le site de Notre Dame des Landes aurait dû être abandonné depuis longtemps. Nous espérons donc que votre jugement puisse aider à sortir de l'impasse actuelle.

 

Pour terminer, les hasards du calendrier étant ce qu'ils sont, vous savez que les candidats au bac de philo ont planché hier sur de beaux sujets dont deux mériteraient que nous y réfléchissions tous : « la politique échappe-t-elle à l'exigence de vérité ? » et « Respecter tout être vivant est-ce un devoir moral ? ». Depuis que nous avons analysé au fond ce dossier, nous sommes convaincus qu'il signe une faillite intellectuelle et morale de notre démocratie, car il est tissé de mensonges et de manipulations. Ceux qui passent le bac en ce moment auront à vivre dans le monde que nous leur laisserons si dévasté déjà. Faudra-t-il aussi qu'ils vivent dans un monde sans vérité et sans morale ?

 

Nous espérons encore que non.

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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