09
Avril

L’ACIPA est scandalisée par les événements en cours sur la ZAD

Publié dans Communiqués de presse

L’ACIPA est scandalisée par les événements en cours sur la ZAD.

L’ACIPA a toujours défendu que la RD281 devait rester libre après l’abandon du projet d’aéroport pour la circulation de la population et l’accès aux parcelles agricoles. Mais cette route ne sert-elle pas aujourd’hui de prétexte à une intervention plus générale ?

L’ACIPA avait appelé à protéger les lieux de vie, qui doivent pouvoir concrétiser leurs projets agricoles, culturels, sociaux et ruraux. Le mouvement est en train de travailler sur ces projets et était en réflexion pour apporter des solutions plus individuelles sous forme de convention d’occupation précaire dans ces projets collectifs. Des réunions de concertation ont d’ailleurs déjà eu lieu avec la préfecture de Loire-Atlantique. La ferme en devenir des 100 noms portait un vrai projet agricole, un projet solide et pérenne. Son expulsion et sa destruction constituent une ligne rouge que le gouvernement a franchie. D’autres lieux de vie porteurs de projets sont aussi menacés. Ce passage en force, à l’opposé des paroles d’apaisement du gouvernement et de la Préfète, notamment de maintenir une agriculture alternative, est inacceptable et choquant.

Si cette intervention - qui s’apparente à un « César-2 » - n’est pas stoppée immédiatement, l’ACIPA appelle ses adhérents et sympathisants à venir en nombre sur la zone de Notre-Dame-des-Landes dès demain matin pour montrer leur désaccord avec cette opération et à montrer leur solidarité partout où ils se trouvent.

En parallèle, un dialogue de sortie de crise parait plus que jamais indispensable dès les prochaines heures.

L'ACIPA

07
Décembre

Lettre ouverte de l'ACIPA au Président de la République François Hollande

Lettre ouverte de l'ACIPA

à Monsieur le Président de la République Française,
François Hollande.

Notre-Dame-des-Landes, le 7 décembre 2015

Monsieur le Président,

En ce moment 11 familles et 4 exploitations agricoles situées sur le secteur du projet d’aéroport dit de « Notre Dame des Landes » sont assignées en référé-expulsion le 10 décembre 2015 à 11h30, devant le Tribunal de Grande Instance de Nantes. Le demandeur est AGO (Aéroports du Grand Ouest, filiale de Vinci) pour le compte de l’État. Ainsi, la responsabilité de cet acte vous incombe.
Tous ces dossiers sont concernés par l'accord politique de sortie de la grève de la faim, passé avec vous le 8 mai 2012, puis réactualisé par J-M. Ayrault et M.Valls en 2014.
Les conséquences pour les familles concernées - celles-là même qui croyaient en votre parole - sont désastreuses. AGO-VINCI réclame l'expulsion immédiate de tous les occupants historiques, ainsi qu’une astreinte disproportionnéeet la mise sous séquestre du matériel et du cheptel si les intéressés ne quittent pas les lieux. Du fait de votre promesse, elles n’ont pas prévu de plan de secours et se retrouvent en pleine détresse.
 
Donner un nouveau signal pour faire avancer le projet d’aéroport est révoltant au moment où, selon vos propos, la France se veut exemplaire en matière de lutte contre le réchauffement de la planète, en pleine COP21.
De plus, alors que beaucoup de régions de France pourraient prendre le pire des chemins politiques, il nous paraît absurde et suicidaire que cette demande d'audience en jugement intervienne entre les deux tours des élections régionales, en Pays de Loire qui plus est. Comment après une telle décision, pensez-vous pouvoir garder, Monsieur le Président, la confiance de vos électeurs potentiels ?
 
Nous vous rappelons vos promesses successives de respecter la trêve liée à l'existence des recours juridiques engagés, jusqu'à « leur épuisement » (Première Instance, Cour d'Appel et Conseil d'État) avant tout début de travaux ou expulsion. Des recours sont toujours en attente de jugement.
Cette nouvelle procédure qui s'engage se heurte à vos promesses de chef d'État. Pouvons-nous compter sur votre parole, Monsieur le Président ?
 
L'ACIPA attend de vous que vous demandiez à la société AGO, avec qui vous êtes lié par le contrat de concession aéroportuaire, de se désister de ses demandes d'expulsion des habitants historiques du site.
Puis que vous répondiez favorablement à la demande des opposants de vous rencontrer (environ une quarantaine de demande formulées par ces derniers sont restées vaines) pour qu'un dialogue réel s'instaure enfin et que les alternatives à ce projet puissent être honnêtement considérées.
Enfin, la mise en place d'une expertise indépendante sur l'optimisation de l'aéroport actuel « Nantes-Atlantique » honorerait vos services et notre République.
 
Monsieur le Président, il est de votre pouvoir d’éviter les conflits et, par là même, les drames qu’ils pourraient engendrer comme à Sivens. Nous sommes certains que vous en avez conscience, aussi nous vous demandons de stopper cette procédure.
 
Nous sommes dorénavant dans l’attente de votre réponse rapide et favorable à nos demandes.
Veuillez agréer Monsieur Le Président, l'expression de notre profond respect.
 
Pour l’ACIPA : les co-présidents.
Dominique Fresneau                      Anne-Marie Chabod                   Christian Grisollet

 

Copie à Mme Ségolène Royal, Ministre de l’écologie, M. Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères et Président de la COP21, M. Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète.

10
Décembre

Prise de parole rassemblement soutien aux expulsés Paris Stalingrad le 10 décembre 2015

Merci d'avoir répondu à notre appel à ce rassemblement de soutien ! Si nous nous retrouvons en effet ici, profondément indignés, ce jeudi 10 décembre, c'est que commence en ce moment même à Nantes une audience en référé-expulsion au Tribunal de Grande Instance de Nantes. Cette assignation concerne 4 exploitations agricoles et 11 familles : paysans, habitants locataires ou propriétaires historiques. Nous allons vous parler d'eux et de leur lutte, qui est aussi la nôtre !

 

 

Mais comment ne pas évoquer d'abord le contexte de cette audience, contexte marqué par la tenue de la COP et l'état d'urgence.

La COP21 vit ses derniers jours, et avec elles les beaux discours du gouvernement d'une France qui serait exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Alors que ce gouvernement, docile élève de l'Europe ultra-libérale, n'a de cesse de promouvoir le développement d'une agriculture soi-disant « durable » !

Alors qu'il soutient une agro-industrie excessivement polluante, qui détruit autant les sols qu'elle condamne les petites fermes !

Alors qu'il a une politique de subventions et de soutien aux grosses propriétés au détriment de l'agriculture paysanne !

Alors qu'il laisse se multiplier jusqu'à l'absurde les projets touristico-commerciaux qui dévorent ou artificialisent les terres agricoles !

Alors que la faiblesse toute relative des émissions de carbone de la France ne tient qu'au développement de ses réacteurs atomiques, qu'elle cherche d'ailleurs à exporter toujours davantage, sans politique claire et soutenue de développement des énergies renouvelables, laissant aux générations futures le fardeau des déchets et du démantèlement des centrales !

Et nous pourrions développer bien d'autres cas de l'hypocrisie de ce pouvoir !

 

L’État d'urgence proclamé à la suite des attentats de novembre crée également un contexte très particulier !

Il ne nous a pas fallu très longtemps pour voir qui a été visé, et continue à l'être, par cet état d'urgence :

Assignations à résidence pour la durée de la Cop 21, sur simple présomption du fait que les personnes visées seraient susceptibles de se mobiliser..., gardes à vue... concernent des militants réputés « écologistes » !

Interdictions de manifester, avec une répression sans précédent des militants bravant l'état d'urgence pour rappeler que le droit de manifester est un droit humain ! Nous avons vu le 29 novembre place de la République à Paris la violence policière, les coups, les blessures, les centaines d'embarquement de personnes prises dans des nasses soigneusement construites !

Il s'agit d'instaurer la peur, de verrouiller le débat public et de casser les solidarités !

La lutte pourrait aussi être concernée directement par l'état d'urgence sur un autre plan car selon M.Stephan de Ribou, sous-préfet spécialement nommé auprès du préfet pour mener à bien le projet d'aéroport, « le dossier de NDDL ne serait désormais plus prioritaire, les moyens de police devant se centrer sur la lutte contre les terroristes et non sur l'expulsion des habitants pour vider la zone » (c'est lui qui parle, bien évidemment!). Mais il semble bien que les expulsions soient toujours à l'ordre du jour !

 

Revenons en effet maintenant à cette audience d'aujourd'hui à Nantes, et aux personnes qui y sont concernées.

AGO/Vinci qui a obtenu en 2010 la concession de la construction et de la gestion du futur éventuel aéroport, agit pour le compte de l’État via le ministère de l'écologie ; il est inimaginable qu'il ait pu lancer cette procédure sans un feu vert au plus haut niveau.

Ses prétentions sont exorbitantes :

  • l'expulsion immédiate, sous peine d'astreinte de 200€‚ par jour et par dossier (4 pour certains) et si besoin avec le concours de la force publique.
  • saisie et séquestration des biens, outils de travail et cheptel ;
  • sans qu'il soit tenu compte de la trêve hivernale.

Ces demandes révoltantes sont sans précédent... On peut d'ailleurs rappeler que pour M. Ramery, magnat du BTP devenu « paysan »avec la ferme-usine des mille vaches, qui dépasse de 380 bêtes son autorisation, il n'a que 780 euros d'astreinte journalière, et qu'il n'a jamais été question de lui enlever ses vaches !

Toutes les personnes assignées sont concernées par l'accord politique de sortie de la grève de la faim de mai 2012, passé avec M. Hollande le 8 mai, qui protégeait contre l'expulsion les habitant-e-s vivant sur la zone avant la déclaration d'utilité publique, c'est pourquoi elles sont parfois désignées comme 'historiques'. Cet accord a été confirmé en 2014 par Ms Ayrault et Valls et élargi aux recours environnementaux (loi sur l'eau, espèces protégées) ; ces derniers ne sont pas épuisés, ils ont été jugés seulement en première instance, un acte juridique en comportant éventuellement trois : première instance, appel, cassation ou Conseil d'état.

Ces personnes ont affronté les tracasseries policières, administratives et judiciaires liées à l'expropriation ou l'expulsion : Marcel a été l'un des grévistes de la faim, Sylvain, accusé d'agression envers les forces de l'ordre avec arme (son tracteur) pour avoir essayé de protéger des manifestants en s'interposant avec sa remorque a été blanchi de cette accusation. Sylvie, Brigitte ont fait un énorme travail de communication, ont résisté aux forces policières... Tous, toutes sont des âmes de la résistance, tous, toutes ont porté la lutte ...

 

Car il faut refaire un peu d'histoire. Rappelons que cette lutte dure depuis plus de 40 ans et que les paysans y ont joué un rôle déterminant dès la création de la Zad (zone à aménagement différé) en obtenant la possibilité d'installation de jeunes sur les terres acquises par le Conseil Général grâce à son droit de préemption. Hervé, l'un des paysans concernés aujourd'hui, s'est installé « hors cadre » sur les terres de son père dès 1978.

Après le réveil du projet en 2000, la lutte s'est élargie d'abord par la création de l'Acipa en 2000,  puis, autour d'elle, la Coordination des opposants s'est structurée petit à petit. Elle regroupe actuellement près de 55 organisations variées, syndicales (Confédération Paysanne, Solidaires), des collectifs (élus...), des associations citoyennes ou de protection de l'environnement, des partis politiques. D'innombrables réunions d'informations, d'actions de mobilisations diverses, d'opposition sur le terrain au début des travaux... ont accompagné la construction d'une vraie expertise citoyenne et le lancement de nombreux recours juridiques. Ces derniers n'étant pas suspensifs, c'est la lutte qui impose le respect de la « trêve ».

Ces habitants et paysans « historiques »ont été rejoints sur la ZAD (devenue "zone à défendre"), surtout à partir de 2009 et après 2012, par de nouveaux occupants, pour éviter que le territoire ne se vide et pour y inventer d'autres formes de vivre ensemble, d'autres manières d'habiter, de cultiver... Des expériences prometteuses dans les domaines les plus variés ont vu le jour et se poursuivent patiemment.

Malgré les engagements de mai 2012, une tentative ultra-violente d'expulsion de la zone de ces habitants les plus récents a eu lieu en octobre 2012. Nous en avons tous en mémoire le souvenir ou les images. La résistance déterminée des habitants et opposants, soutenus par un immense élan de solidarité des populations proches et la création de comités de soutien un peu partout, a mis en échec la stratégie policière de l’État pour vider la ZAD.

Malgré les propos de M. Valls, aucune date n'est actuellement fixée pour le début des travaux, il n'y a donc aucune espèce d'urgence. C'est si vrai que, dans le même temps, Vinci signe des baux précaires pour que des parcelles de la ZAD soient mises en culture la saison à venir.

 

Face à l'échec de la stratégie policière de 2012, une autre stratégie est maintenant lancée : celle de frapper au cœur et au porte-feuille des paysans et habitants, par les menaces sur les troupeaux, les maisons, ainsi que par les astreintes financières. Il s'agit de mettre à genoux les paysan-ne-s et habitant-e-s. Leur départ permettrait de vider plus facilement la ZAD, puisque n'y resteraient plus alors que les « zadistes » traités d'affreux minoritaires ultra-violents quand ce n'est pas de « terroristes »

 

En cela le référé menace, non seulement les personnes assignées,

mais aussi tous les occupant-e-s de la zone,

mais aussi tous les opposants aux grands projets inutiles et imposés !

Il cible des lieux de vie, de solidarité, d'organisation, d'invention d'autres mondes possibles car nous refusons celui du profit, du béton et de la terreur.

Et en cela le référé-expulsion nous menace tous !!!

 

Nous exigeons l'abandon du projet d'aéroport et, sans aucun délai, l'abandon de la procédure à l'encontre des personnes concernées. AGO doit de se désister de ses demandes d'expulsion des habitants historiques du site.

De fortes mobilisations seront aussi certainement nécessaires dans les jours et semaines à venir, nous vous demandons d'être particulièrement attentifs aux appels. Nous ne gagnerons pas sans vous ! Merci !

au nom des militants et collectifs NDDL présents à Paris, ayant appelé à ce rassemblement

10
Janvier

Prise de parole rassemblement soutien aux assignés en expulsion - Nantes le 9 janvier 2016

Merci d'avoir répondu à notre appel à cette journée de mobilisation ! Si nous nous retrouvons ici, nombreux-ses et profondément déterminé-es, ce samedi 9 janvier 2016, c'est parce qu' une audience en référé-expulsion au Tribunal de Grande Instance de Nantes a eu lieu à Nantes le 10 décembre, et que la procédure se poursuit. L'assignation concerne 4 exploitations agricoles et 11 familles : paysans, habitants locataires ou propriétaires historiques. Nous allons vous parler d'eux et de leur lutte, qui est aussi la nôtre.

 

Mais comment ne pas évoquer d'abord le contexte de cette procédure, contexte marqué par la tenue de la COP et l'état d'urgence.

 

La COP21 a vécu ses derniers jours, et avec eux les beaux discours du gouvernement. La France serait exemplaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. L' « accord de Paris » serait un succès magnifique de notre diplomatie, alors que cet accord est notoirement insuffisant sur la réduction des émissions de CO2. Il est non contraignant, y compris sur le financement des mesures d'accompagnement du changement climatique pour les populations les plus menacées : les insulaires, les habitants des estuaires...

 

Hollande et Fabius seraient des sauveurs planétaires...

 

Alors que ce gouvernement, docile élève de l'Europe ultra-libérale, n'a de cesse de promouvoir le développement d'une agriculture soi-disant « durable » !

 

Alors qu'il soutient une agro-industrie excessivement polluante, qui détruit autant les sols qu'elle condamne les petites fermes !

 

Alors qu'il a une politique de subventions et de soutien aux grosses exploitations au détriment de l'agriculture paysanne !

 

Alors qu'il laisse se multiplier jusqu'à l'absurde les projets touristico-commerciaux qui dévorent ou artificialisent les terres agricoles !

 

Alors que la faiblesse toute relative des émissions de carbone de la France ne tient qu'au développement de ses réacteurs atomiques. Non contente d'en prolonger la durée de vie, elle cherche d'ailleurs à en exporter toujours davantage, laissant aux générations futures le fardeau des déchets et et l'impossible tâche du démantèlement des centrales !

 

Et nous pourrions développer bien d'autres exemples de l'hypocrisie de ce pouvoir !

 

Hollande avait pendant cette COP une excellente raison d'annoncer l'abandon définitif du projet, ou à tout le moins de réaffirmer son engagement, arraché par notre lutte, à attendre le rendu de la totalité des recours avant tout début de travaux et toute expulsion. Non seulement il n'en a pas saisi l'occasion, mais le gouvernement a laissé de fait AGO/Vinci lancer une procédure en urgence, un référé-expulsion.

 

L’État d'urgence proclamé à la suite des attentats de novembre a permis d'interdire de manifester. Une répression sans précédent s'est abattue sur les militants bravant cet état d'urgence.

 

Il s'agit d'instaurer la peur, de verrouiller le débat public et de casser les solidarités !

 

Aujourd'hui, nous bravons collectivement l'état d'urgence, l'urgence qui est la notre est celle de la défense des terres agricoles et de ceux qui les font vivre.

 

Revenons maintenant à Nantes, et aux personnes concernées par la procédure en cause.

 

AGO/Vinci qui a obtenu en 2010 la concession de la construction et de la gestion du futur éventuel aéroport, agit pour le compte de l’État via le ministère de l'écologie ; il est inimaginable qu'il ait pu lancer cette procédure sans un feu vert au plus haut niveau.

 

Ses prétentions sont exorbitantes :

  • l'expulsion immédiate, sans qu'il soit tenu compte de la trêve hivernale, sous peine d'astreinte de 200€‚ par jour et par dossier (5 pour certains) et si besoin avec le concours de la force publique.
  • saisie et mise sous séquestre des biens, outils de travail et cheptel.

Ces demandes révoltantes sont sans précédent... On peut comparer avec le cas de M. Ramery. Ce magnat du BTP est devenu agro-industriel avec la ferme-usine des mille vaches. Il dépasse de 380 bêtes son autorisation, il ne paye pas son astreinte journalière, et il n'a jamais été question de lui enlever ses vaches !

 

Toutes les personnes assignées sont concernées par l'accord politique de sortie de la « grève de la faim » de mai 2012, passé avec M. Hollande le 8 mai. Cet accord protégeait contre l'expulsion les habitant-e-s vivant sur la zone avant la déclaration d'utilité publique, c'est pourquoi elles sont parfois désignées comme « historiques ». Cet accord a été confirmé en 2014 par M. Ayrault et Valls. et élargi aux recours environnementaux (loi sur l'eau, espèces protégées) ; ces recours ne sont pas épuisés, ils ont été jugés seulement en première instance, alors qu'un acte juridique en comporte éventuellement trois : première instance, appel, cassation ou Conseil d'Etat.

 

Ces personnes, nos ami-e-s, nos frères et sœurs, ont affronté les tracasseries policières, administratives et judiciaires liées à l'expropriation ou l'expulsion. Alphonse continue à déclarer « je suis né ici, je reste ici ! ». Hervé s'est installé sur les terres de son père dès 1978, malgré l'annonce du projet. Joël a toujours refusé toute rencontre avec AGO et la chambre d'agriculture, il a décidé de rester jusqu'au bout avec sa famille. Marcel a été l'un des grévistes de la faim, Sylvie, paysanne au Liminbout depuis 1998, a fait un énorme travail de communication avec son blog « Paroles de campagnes »... Sylvain a été accusé d'agression envers les forces de l'ordre avec arme (son tracteur) pour avoir essayé de protéger des manifestants en s'interposant avec sa remorque. Il a finalement été blanchi de cette accusation. A l’automne 2012, au plus fort de l'Opération César, l'accueil par Sylvain et Brigitte à la Vache Rit des occupants des maisons détruites a permis la tenue pendant des semaines d'un QG pour la résistance. Ce quartier général a tout à la fois exprimé et soudé la solidarité dans le mouvement entre les anciens et les nouveaux arrivés. Les habitant-e-s de la Saulce, La Rolandière, Saint-Antoine, Les Fosses Noires, le Liminbout ont ouvert leurs maisons aux personnes en lutte, à l'automne 2012 mais bien avant aussi... Il faudrait les citer tous, toutes... Tous, toutes incarnent la résistance, tous, toutes portent la lutte ...

 

Malgré les engagements de mai 2012, une tentative ultra-violente d'expulsion hors de la zone de ces habitant-e-s les plus récent-e-s a eu lieu en octobre 2012. Nous en avons tous, toutes en mémoire le souvenir ou les images. La résistance déterminée des habitant-e-s et opposant-e-s, soutenu-e-s par un immense élan de solidarité des populations proches et la création de 200 comités de soutien dans toute la France et au-delà, a mis en échec la stratégie policière de l’État pour vider la zone. La zad de Notre Dame est plus active que jamais, il s'y invente d'autres formes de vivre ensemble, d'autres manières d'habiter, de cultiver... Des expériences prometteuses dans les domaines les plus variés ont vu le jour, et se poursuivent patiemment.

 

Malgré les propos de M. Valls, aucune date n'est actuellement fixée pour le début des travaux, il n'y a donc aucune espèce d'urgence. C'est si vrai que, dans le même temps, Vinci signe des baux précaires pour que des parcelles de la ZAD soient mises en culture la saison à venir.

 

Face à l'échec de la stratégie policière, relativement grossière, de 2012, une stratégie sournoise, apparemment plus discrète mais tout aussi violente, est maintenant lancée : celle qui consiste à frapper au cœur et au porte-feuille des paysan-nes et habitant-e-s, par les menaces sur les troupeaux, les maisons, ainsi que par les astreintes financières.

 

Le gouvernement prétend ainsi vider une partie de la zone à moindre frais et appauvrir la diversité sociale qui en fait la richesse et la force. Mais c'est sans compter sur la capacité du mouvement anti-aéroport à faire face. Aujourd'hui, nous sommes toutes et tous des paysan-nes en lutte et des habitant-e-s qui résistent !

 

Notre résistance est fertile car elle puise sa créativité dans nos différences. Nous devenons l'écho d'un peuple bigarré qui s'unit face à l'absurdité de ce monde... Nous nous préparons à faire face à toute éventualité !

 

Notre réactivité est un atout majeur. Bien qu'annoncée 3 jours avant seulement, nous étions nombreu-ses à l'audience devant le tribunal, le 10 décembre. Nous avons alors prévu une mobilisation le 16 janvier sur le périphérique nantais, AGO a obtenu une nouvelle audience le 13 janvier... Nous voilà présent-es le 9 !

 

Notre détermination est sans faille. On leur a pourtant déjà dit, on lâche rien !

 

Ce référé menace, non seulement les personnes assignées,

mais aussi tous les occupant-e-s de la zone,

mais aussi tous les opposant-es aux grands projets inutiles et imposés !

Ce référé cible des lieux de vie, de solidarité, d'organisation, d'invention d'autres mondes possibles de personnes qui refusent le monde du béton, du profit et de la terreur.

 

Et en cela le référé-expulsion nous menace tous !!!

 

Notre perspective est l'abandon du projet d'aéroport, et sans aucun délai l'abandon de la procédure à l'encontre des habitants historiques du site. AGO doit se désister de ses demandes d'expulsion !

 

À l'appel des composantes de la lutte contre l'aéroport :

des membres de la Coordination (ACIPA, ADECA, Agissons Pour l’Avenir, ATTAC, CANVA, CéDpa, CELA,

Confédération Paysanne 44, décroissanceS-MOC, GAB44, PG44, NPA, UD44 Solidaires, EELV, ENSEMBLE !,

Nature-Avenir, Natur-Action, OBSLAB, Vertou Écologie Solidarité, Sèvre Propre 2015, Solidarités Écologie), le

COPAIn, Naturalistes en lutte, des habitant-e-s de la ZAD, des comités de soutien...

 

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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