08
Juillet

Notre Dame des Landes : récupération de l’argent public déjà versé

Publié dans Communiqués de presse

Alors que le versant environnemental du projet d’aéroport à Notre Dame des Landes fait l’objet d’une procédure d’infraction de la part de l’Europe, les aspects économiques du dossier sont examinés de près par les associations opposées au projet.

 

La Commission Européenne a reconnu, le 7 novembre 2013, que les aides  pour la construction de l’aéroport étaient compatibles avec le marché européen. Cependant, dans cette même décision, la Commission Européenne a considéré que les sommes versées par l’Etat et les collectivités locales à AGO constituaient bien une aide d’Etat au sens du droit européen. Or ces aides, versées depuis Mai 2011, n’ont été notifiées à la Commission Européenne qu’en Juillet 2013, sous la pression de la pétition déposée par l’ACIPA et le CéDpa devant la Commission des Pétitions du Parlement Européen.

 

Par cette décision qui vient d’être publiée dans sa totalité, la Commission reconnait ainsi explicitement que la « mesure d’aide est illégale au sens de l’article 108, paragraphe 3 du traité sur le fonctionnement de l’union européenne » sur la période comprise entre le début de son versement et la décision de la Commission (mai 2011 à novembre 2013).

 

Cette illégalité implique, selon la jurisprudence européenne et nationale, le reversement des aides et des intérêts afférents aux collectivités locales et à l’Etat.

 

En conséquence, le CéDpa vient d’adresser un courrier à l’Etat et aux collectivités locales qui participent au financement afin qu’ils sollicitent la récupération des aides perçues par AGO sur la période concernée et des intérêts afférents, soit une somme totale de 38,4 millions d’euros.

 

A défaut d’action en ce sens de la part de ces derniers, les juridictions nationales seront saisies afin d’obtenir le retour de ces sommes dans le patrimoine de l’Etat et des collectivités.

 

Alors que le syndicat mixte vient de suspendre le 16 juin dernier ses versements au projet, il est sain que l’argent public retourne dans les caisses des collectivités locales et de l’Etat qui cherchent chaque jour à faire des économies. Il est temps aussi de mettre fin au non-sens économique et écologique que constitue ce projet d’aéroport.

 

 

11
Décembre

Jugement du référé expulsion : L’État et AGO reculent

Publié dans Communiqués de presse
Ce matin à Nantes, les avocats des deux parties ont convenu que le délai de préparation était trop court pour préparer une défense pour un nombre de dossiers aussi important.
 
Le juge, seul maître d'une telle décision de report de l'audience, n'est pas du même avis, il estime que l'issue de cette procédure est déjà bien connue des deux côtés et compte bien tenir audience ce jour.
 
Les avocats des deux parties font alors valoir le droit en évoquant  "le retrait de rôle";  en clair AGO/Vinci, pour le compte de l’État, retire cette injonction de juger aujourd'hui ces dossiers concernant les habitant(e)s et les paysan(ne)s historiques.
 
Jumelé à l'accord électoral entre le PS et EELV sur la région Pays de la Loire, cela redonne un peu de sérénité aux "expulsables" pendant cette période des fêtes de fin d'année.
 
Mais la trêve peut très bien être de courte durée, car François Hollande n'a pas confirmé sa promesse de "ne pas expulser d'habitant(e)s ou paysan(ne)s ni de ne pas débuter de travaux sur le projet avant la fin des recours engagés". Des démarrages de travaux sont toujours promis par le premier ministre pour ce début 2016 et la procédure juridique pourrait alors reprendre contre les historiques.
 
M Hollande a, en pleine COP 21, l'occasion de montrer au monde, qu'au travers de l'arrêt du projet de Notre Dame des Landes, il donne l'exemple que tous les pays industrialisés doivent suivre : stopper les grands projets inutiles imposés et étudier les alternatives que les citoyens proposent.
 
Cette petite victoire au tribunal de Nantes est aussi due à la mobilisation des femmes et des hommes qui, en plein état d'urgence, ont bravé toutes les interdictions à Nantes comme à Paris et les "expulsables" de ce matin leur en sont reconnaissants.
 
Nous avons réussi à lutter ensemble et ainsi à sauvegarder le bocage et ses habitants malgré toutes les agressions contre les opposants. Nous savons que nous avons raison, sinon pourquoi La DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile)   nous cacherait-elle des documents qui sont censés justifier le projet, que même la CADA (Commission d'Accès aux Documents Administratifs)  impose de nous communiquer.
 
M Hollande, vous avez là l'occasion d'être en phase avec cette COP 21 organisée sur vos terres où, comme c'est déjà à l'œuvre à Notre Dame des Landes, on doit préparer l'agriculture de demain, stopper ce bétonnage de terres agricoles.

Pour les "expulsables" de NDL, Dominique Fresneau
 
De leur côté Sylvie et Marcel Thébault résument bien la situation après le jugement de ce matin :
"Le boulet est passé à côté, mais le canon reste en place, sachant que l'artilleur fera la trêve des confiseurs".

Restons vigilants et prêts à nous mobiliser s'il le faut !


Lire aussi

 

 

 

19
Décembre

Projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO). Pourquoi je n’y crois pas - René Leblanc

Lettre ouverte à  Monsieur Jacques Auxiette
Président du Syndicat Mixte Aéroportuaire (SMA)
Hôtel de la Région- 1 rue de la Loire
44000 Nantes

OBJET : Projet d’Aéroport du Grand Ouest (AGO). Pourquoi je n’y crois pas.


L’an passé, 36 Grands élus de l’Ouest appartenant à l’actuelle majorité, qualifiaient les opposants au Projet NDDL « d’activistes radicaux et violents » et justifiaient ainsi un déploiement massif de CRS et de gardes mobiles (plus de 600 fonctionnaires lourdement équipés) sur le site de Notre Dame des Landes. Vous-même, pour faire bonne mesure, surenchérissiez, accusant des opposants de criminels et d’apôtres de la décroissance. Et, aujourd’hui, poursuivant de votre mépris ces mêmes opposants, vous y allez de votre coutumière arrogance en parlant (sic) de siffler la fin de la récré.

 Si les mots ont un sens, je vous répondrai, Monsieur le Président, que tout ce qui est excessif est dérisoire.
En effet, depuis l’an dernier j’ai beaucoup réfléchi et analysé ce projet et malheureusement ai constaté tant d’incohérences, de mépris, d’arrogance, de contre-vérités, de contradictions et de mensonges de la part de ces grands élus que j’en viens à m’inquiéter devant tant d’ignorance et/ou de mauvaise foi de leur part et de la vôtre qui en êtes le porte étendard.

Alors qu’à longueur de colonnes de la presse régionale quotidienne, des lettres d’information de la Région Bretagne, du Conseil Général 35, de la Ville de Rennes ou du magazine de Rennes Métropole, ces élus mettent en garde nos concitoyens sur les conséquences dramatiques du réchauffement climatique et notamment sur l’impérieuse nécessité de limiter les émissions de gaz à effet de serre (CO2 notamment, voire CH4), ils voudraient, en parfaite contradiction avec leurs grands principes, faire rêver les citoyens électeurs en ne jurant que par des décollages toujours plus nombreux, dans des jumbos toujours plus gros, leur promettant tellement d’emplois et de bonheur à la clé avec NDDL.

Hélas, devrais-je vous apprendre, Monsieur le Président, que l’or noir (molécules hydrocarbonées constituées de carbone et d’hydrogène) qui s’est constitué dans le sous-sol de notre planète terre, au cours de millions d’années, et dont le début de l’extraction ne remonte qu’au milieu du XIX siècle, a été consommé :

- en un siècle (1860-1960), pour un équivalent de 200 milliards de TEP (Tonnes Equivalents Pétrole),

- au demi-siècle suivant (1960-2010), pour un équivalent de 1000 Milliards de TEP (soit un multiple/an de 10)

- et aujourd’hui, la consommation annuelle atteint 32 milliards de TEP. (4 Tonnes/ habitant de la planète)

Ainsi, même à niveau constant, 1600 milliards de TEP seraient consommées au cours des 50 prochaines années. Or l’évaluation prouvée des réserves n’est pas supérieure à 1400 milliards de TEP, soit 40 années de consommation, les extractions devenant, par ailleurs, de plus en plus complexes et coûteuses. Et ensuite ? Y avez-vous seulement réfléchi, Monsieur le Président, ou l’ignorez-vous ? Si tel était le cas, je vous conseillerais, après la fin de la récré que vous prétendez perfidement siffler, de vous inscrire, de toute urgence, à des cours périscolaires sur ce problème et qui ne manquent pas d’être dispensés, je suppose, dans les écoles élémentaires de la Région des Pays de Loire.

Mais ce n’est pas tout, Monsieur le Président. Sachez que tout dérivé hydrocarboné (quelle que soit la longueur de sa chaîne), est précisément transformé en CO2 et H2O lors de sa combustion. Ce n’est que de la chimie élémentaire. Or, la quantité globale de C02 émis aujourd’hui par notre consommation excessive de ces dérivés est telle que la nature n’arrive plus à les absorber par la photosynthèse. Les excédents gigantesques sont largement responsables des dérèglements climatiques mondiaux (dérèglements multipliés par quatre au cours des seules 5 dernières années) ainsi que de l’acidification des océans, avec leurs conséquences dramatiques, à moyen terme, pour la survie des espèces aquatiques. La ville de Nanjing en Chine (10 millions d’habitants) a vécu un épisode douloureux très récemment liée à la pollution par micro-particules. Chez nous, Paris et de grandes villes de province viennent de connaître des problèmes graves qui ne feront que s’accroître si nous ne faisons pas évoluer nos comportements. Le saviez-vous ? Alors que l’honneur d’un élu, politique de surcroît, devrait consister à défendre l’intérêt général et le long terme, vous préférez satisfaire de très gros appétits privés, notamment immobiliers avec plus values, autour de l’aéroport de Nantes Atlantique.

Monsieur le Président, présenter NDDL comme la panacée pour le Grand Ouest, avec des décollages et des atterrissages passant de 47.000 annuels à plus de 100.000, voire 120.000 n’est qu’un mensonge et une tromperie de nos concitoyens. Votre ignoble propagande, à nos frais naturellement, constitue non seulement une erreur, mais une faute dont les générations futures ne manqueront pas de vous accabler, n’ayant été, pour votre part, qu’un piètre apôtre de fieffés égoïstes du consumérisme débridé. Ce projet n’est qu’un mauvais pas dans la mauvaise direction et vous en portez une lourde part de responsabilité. Imaginez que chaque Région du monde fasse votre analyse et se comporte ainsi. Où irions-nous ? Il est compréhensible que les humains manquant de l’indispensable ou du nécessaire souhaitent encore consommer davantage, et pour un temps, des dérivés hydrocarbonés. Mais nous, qui avons déjà tant pollué et pas toujours pour notre bien-être, devons impérativement donner l’exemple et nous tourner vers le progrès durable, le seul qui pourra assurer la survie du XXIème siècle. Au récent sommet climatique de Varsovie, des pays émergents nous l’ont rappelé avec force et raison.

Nous ne sommes pas les apôtres de la décroissance dont vous nous accablez. Bien au contraire, nous voulons des investissements massifs, fut-ce au prix fort, dans les technologies d’avenir qui produiront à terme suffisamment d’énergies primaires totalement non polluantes pour la satisfaction légitime de milliards d’êtres humains, à savoir : géothermie, photovoltaïque, énergie des océans (hydrolien, houlomotrice, marémotrice) etc… Nous ne sommes pas les criminels que vous décrivez. Vos propos sont méprisables et dénotent votre fébrilité et votre mal être dû à vos mensonges et vos incohérences. Nous ne sommes que de bons citoyens qui ont réfléchi et qui, en dehors de tout intérêt personnel, n’ont que la force de leur conviction pour alerter des dangers niés ou cachés par ceux qui n’ont pour tout horizon que leur aura, leur mégalomanie ou leurs intérêts très personnels et à court terme. Stéphane Hessel, tant louangé par toute la classe politique au moment de sa récente disparition, ne disait pas autre chose et comprenait fort justement notre profonde et légitime indignation. Il n’était pas criminel, que je sache.

Nous ne sommes pas davantage contre le mode de transport aérien, mais nous souhaitons qu’il devienne raisonné et raisonnable, qu’il intègre la raréfaction et l’épuisement prochain des dérivés hydrocarbonés qui, de surcroît, sont une source évidente et inexorable de dégâts majeurs pour la survie de la planète. Le projet NDDL, par son seul symbole et la propagande pitoyable et fausse que vous en faites, constitue le parfait contre- exemple. A votre décharge, je constate que vous n’êtes qu’une marionnette défendant, fut-ce par l’insulte, tellement d’intérêts très privés qui conduiront, à coup sûr, la planète dans le mur, au cours de ce XXIème siècle. Vos propos sont minables et pitoyables et ne m’inspirent, finalement, que de la pitié.

A entendre votre propagande (payée par nos impôts), il n’y aurait pas encore d’aéroport dans le Grand Ouest. Je crois avoir remarqué qu’il y en a un à Bouguenais et que c’est un pieux mensonge de prétendre qu’il serait saturé. Pour ma part, je m’y suis présenté à deux reprises. Le 25 novembre 2012, au buffet situé à l’étage, sur les 130 places disponibles, seule notre table (2 personnes) fut occupée pendant l’heure du repas. Cet été, le 16 août précisément, en pleine période estivale, je dus reconnaître une sensible progression puisque 6 tables représentant 16 couverts sur les 130 dressés furent servis (soit 12% de taux de remplissage). Pas le moindre embouteillage dans l’aérogare naturellement. L’émission TV de Benoît Duquesne sur l’A2 faisait remarquer identiquement l’atmosphère paisible de Nantes Atlantique International (NAI). Je voudrais encore ajouter qu’une de mes connaissance séjournant, en juillet, à Essaouira, au Maroc, dût pour son retour sur Royal Air Maroc, attendre un jour supplémentaire pour embarquer finalement vers Roissy, la destination vers Nantes ayant été annulée faute de passagers (15 réservations pour un boeing 737), donc trop coûteux pour ce vol. Alors, pour la saturation, laissez- moi rire. Comment en serait-il autrement, puisque l’aéroport de Cointrin (Genève) comptabilise, avec une seule piste et emprise au sol identique (soit 270 ha) 198.000 emports et 14 millions de passagers annuels, soit près de quatre fois le trafic de Nantes Atlantique International (NAI).

A vous entendre, NDDL desservirait le monde entier (une vraie ruche !). Mais alors, expliquez-moi, comment des pistes de même longueur (2900m) que Nantes Atlantique accueilleraient les très longs courriers (A380, B747) et conduiraient d’un seul coup d’aile, entrepreneurs et touristes vers toutes les destinations du monde. Vous savez fort bien qu’il n’en sera rien et que là encore vous mentez Monsieur le Président. J’ajoute que Nantes Atlantique dessert déjà 120 destinations, dont 16 en France et 60 dans les autres pays européens. Il est tout autant international que le serait NDDL.

Mais au fait, devrais-je vous rappeler qu’en juillet 1996, vous signiez une pétition contre la destruction d’un seul « mètre carré » de zones humides en Loire-Atlantique. Aujourd’hui, alors que l’évolution voudrait que votre déontologie d’alors soit encore renforcée, vous n’êtes en rien troublé par la destruction de 1500 ha de zones humides et de tant d’autres hectares pour y accéder et satisfaire l’objet de vos délires.

J’allais omettre que Nantes Atlantique serait tellement facilement desservie par voie ferrée (elle existe déjà), que vous préférez évidemment détruire de nouveaux espaces agricoles et construire à grands frais de nouvelles lignes pour Notre-Dame. On ne nous dit pas tout !!

Il fut un temps où la tentative d’anesthésie de nos concitoyens était fondée sur le motif imparable des 5 millions d’heures de travail promises (à nos chômeurs bretons, je suppose). Aujourd’hui, la rénovation de Nantes Atlantique coûterait, soi-disant, plus cher. Vous devriez donc vous réjouir de cette perspective créatrice d’emplois. La ficelle est un peu grosse pour qui veut bien réfléchir.

Après maintes sollicitations auprès des grands élus, sans la moindre réponse à ma requête (c’est dire le mépris de ces élus, soucieux de leur seule réélection, à l’égard du petit élu que je suis), je pus enfin, par une voie détournée, obtenir un contact avec la Commission Chéreau, joliment dénommée « du dialogue ». L’écoute fut courtoise, mais je compris très vite que cette Commission n’avait pour seule mission que d’apaiser les tensions, aucunement comprendre ni donner suite aux véritables arguments trop précis et pertinents qui lui étaient présentés. Une commission « Pipeau » en quelque sorte. Mais enfin dire des vérités peut également soulager et les écrire laisse quelques traces.

Un détail amusant, malgré tout. Alors que j’étais reçu dans un bureau anonyme, au dernier étage d’une sous-pente de la rue du Roi Albert, l’OF du même jour (27/02) présentait en couleurs et sur une demi-page, les grands élus dont vous-même, en compagnie de ladite Commission, sous les ors de la république évidemment. Que des notables ! Je puis imaginer que le champagne et les petits fours étaient de qualité. Dérisoire, mais tellement révélateur.

Au siècle du numérique, il devient plus qu’urgent de redéfinir les priorités et pour le moins faire payer le prix coûtant à ce mode de transport dévoreur de kérosène (dérivés hydrocarbonés) et donc polluants. Nos concitoyens ignorent largement que tous ces voyages touristiques low cost sont directement ou indirectement très largement subventionnés par nos impôts. Le kérosène n’est pas taxé. Un comble ! Est-ce équitable ? La mondialisation non maîtrisée, et contre laquelle toute tentative de compétitivité ne pourra rien, conduit aux pires aberrations. Ainsi, et ce n’est qu’un exemple, 80% des fleurs offertes sur notre territoire sont produites au KENYA ou en ETHIOPIE, dans des conditions proches de l’esclavage et sont acheminées par jet sur notre Continent, avant d’aller remplir nos poubelles. Dans ce domaine, c’est le geste qui compte, non le volume et le poids de la couronne qui sont appréciés. Alors, Monsieur le Président, encouragez plutôt leur production dans votre Maine et Loire. Je parie que notre Ministre du Redressement Productif apprécierait d’arborer à sa marinière made in Bretagne, quelques roses made in Pays de Loire. Angers héberge pourtant le siège de l’OCVV (Office Communautaire des Variétés Végétales). L’ignoreriez-vous ? Monsieur le Président, agissez dans le bon sens, aidez à produire localement, vous créerez de vrais emplois, plutôt que de nous accabler de votre mépris.

Chaque citoyen qui réside proche d’une piste d’aéroport préférerait naturellement l’expédier chez le voisin. Mais Bouguenais n’est pas une spécificité. Que devraient dire les habitants de Limeil-Brévannes, Valenton Villeneuve St Georges, Villeneuve le Roi ou Ablon qui sont survolés par six fois plus de vols chaque jour que ne le sont des nantais ?. Or, l’aéroport d’ORLY sera modernisé, pas déplacé. Comme tant d’autres aéroports, Bouguenais existe depuis les années 30. Les aménageurs ont poursuivi sans relâche, comme ailleurs, des constructions erratiques et les grands élus les ont laissés faire, voire les ont encouragés. Qu’ils assument. Mais aujourd’hui, en mal de profit, nombre de vos connaissances voudraient tellement voir la valeur de leurs biens immobiliers exploser. Et tant pis pour la planète. Vos mensonges leur donnent tellement raison.

Le projet que vous portez comme la corde soutient le pendu est aberrant. Hélas, tous les moyens, même les plus sordides, sont utilisés pour tromper nos concitoyens. La légalité n’est pas la légitimité. Les enquêtes publiques sont dictées et le résultat imposé est écrit à l’avance (si les experts ne conviennent pas, le pouvoir  les change). Une parodie de démocratie en quelque sorte, mais dans les formes. Ce projet n’est que le fruit d’une volonté politique qui se moque comme d’une guigne de l’intérêt général, ses porteurs refusant les évidences et poussant la surdité jusqu’à l’autisme. Monsieur Auxiette, comme le disait à NDDL, le 9 juillet 2011, un membre éminent du gouvernement Actuel, je cite « Nombre d’élus, lorsque la porte est fermée ont conscience de l’inutilité du projet, mais Monsieur « A » le veut beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, il le veut énormément ». Dès lors, dire le contraire serait un crime de lèse-majesté, je suppose. Si Monsieur A le veut, Dieu le veut, puisqu’il est infaillible.

Dans de telles conditions, les enquêtes publiques ne servent à rien. Dites aux français que la validation de l’enquête publique du projet fut assumée par un haut fonctionnaire qui depuis occupe un poste majeur chez le concessionnaire, l’épouse de ce dernier ayant rejeté en son temps tous les recours en Conseil d’Etat. Votre devise : circulez et taisez-vous, il n’y a rien à voir ! Ne me parlez plus de légalité, mais de turpitudes et sachez que votre pouvoir ne vous a été acquis que par 2 électeurs sur 10. Vos ralliements contestent, pour la plupart, ce projet. Mais, rassurez- vous Monsieur le Président, tout ira pour le mieux pour vous-même. En effet, il fut un temps où les responsables politiques acceptaient d’être reconnus « responsables mais non coupables ». Aujourd’hui, ils ne sont « ni responsables, ni coupables ». (CF, le drame de l’amiante). La nature se vengera, soyez en certain et vous aurez pris votre part au fossoyage de l’humanité, à moins que, c’est mon vœu le plus cher, des élus responsables, d’une nouvelle génération, ne se ravisent à temps et dénoncent vos turpitudes qui dépassent de très loin ce minable projet.

Vous seriez mieux avisé de réentendre le discours prononcé le 02/09/2002 à Johannesburg « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs… Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ! Prenons garde que le XXI siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie » Monsieur le Président Auxiette, vous refusez de comprendre et ne voulez surtout rien entendre.

Peut-être prendrez-vous quelques minutes pour lire mon propos, à moins qu’un long courrier, déjà en bout de piste, ne vous attende pour vous conduire vous prélasser sous les tropiques, où quelques pauvres du tiers monde vous serviront quasi gratuitement dans un complexe hôtelier « ***** », de préférence.

Un élu et citoyen vigilant.
René LEBLANC, Maire de Quelneuc

07
Décembre

Lettre ouverte de l'ACIPA au Président de la République François Hollande

Lettre ouverte de l'ACIPA

à Monsieur le Président de la République Française,
François Hollande.

Notre-Dame-des-Landes, le 7 décembre 2015

Monsieur le Président,

En ce moment 11 familles et 4 exploitations agricoles situées sur le secteur du projet d’aéroport dit de « Notre Dame des Landes » sont assignées en référé-expulsion le 10 décembre 2015 à 11h30, devant le Tribunal de Grande Instance de Nantes. Le demandeur est AGO (Aéroports du Grand Ouest, filiale de Vinci) pour le compte de l’État. Ainsi, la responsabilité de cet acte vous incombe.
Tous ces dossiers sont concernés par l'accord politique de sortie de la grève de la faim, passé avec vous le 8 mai 2012, puis réactualisé par J-M. Ayrault et M.Valls en 2014.
Les conséquences pour les familles concernées - celles-là même qui croyaient en votre parole - sont désastreuses. AGO-VINCI réclame l'expulsion immédiate de tous les occupants historiques, ainsi qu’une astreinte disproportionnéeet la mise sous séquestre du matériel et du cheptel si les intéressés ne quittent pas les lieux. Du fait de votre promesse, elles n’ont pas prévu de plan de secours et se retrouvent en pleine détresse.
 
Donner un nouveau signal pour faire avancer le projet d’aéroport est révoltant au moment où, selon vos propos, la France se veut exemplaire en matière de lutte contre le réchauffement de la planète, en pleine COP21.
De plus, alors que beaucoup de régions de France pourraient prendre le pire des chemins politiques, il nous paraît absurde et suicidaire que cette demande d'audience en jugement intervienne entre les deux tours des élections régionales, en Pays de Loire qui plus est. Comment après une telle décision, pensez-vous pouvoir garder, Monsieur le Président, la confiance de vos électeurs potentiels ?
 
Nous vous rappelons vos promesses successives de respecter la trêve liée à l'existence des recours juridiques engagés, jusqu'à « leur épuisement » (Première Instance, Cour d'Appel et Conseil d'État) avant tout début de travaux ou expulsion. Des recours sont toujours en attente de jugement.
Cette nouvelle procédure qui s'engage se heurte à vos promesses de chef d'État. Pouvons-nous compter sur votre parole, Monsieur le Président ?
 
L'ACIPA attend de vous que vous demandiez à la société AGO, avec qui vous êtes lié par le contrat de concession aéroportuaire, de se désister de ses demandes d'expulsion des habitants historiques du site.
Puis que vous répondiez favorablement à la demande des opposants de vous rencontrer (environ une quarantaine de demande formulées par ces derniers sont restées vaines) pour qu'un dialogue réel s'instaure enfin et que les alternatives à ce projet puissent être honnêtement considérées.
Enfin, la mise en place d'une expertise indépendante sur l'optimisation de l'aéroport actuel « Nantes-Atlantique » honorerait vos services et notre République.
 
Monsieur le Président, il est de votre pouvoir d’éviter les conflits et, par là même, les drames qu’ils pourraient engendrer comme à Sivens. Nous sommes certains que vous en avez conscience, aussi nous vous demandons de stopper cette procédure.
 
Nous sommes dorénavant dans l’attente de votre réponse rapide et favorable à nos demandes.
Veuillez agréer Monsieur Le Président, l'expression de notre profond respect.
 
Pour l’ACIPA : les co-présidents.
Dominique Fresneau                      Anne-Marie Chabod                   Christian Grisollet

 

Copie à Mme Ségolène Royal, Ministre de l’écologie, M. Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères et Président de la COP21, M. Nicolas Hulot, envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète.

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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