12
Mai

Fiche n°22 : Expertise des Naturalistes en lutte

Publié dans Fiches thématiques

L’état des lieux réalisé dans le cadre des études réglementaires est partiel et n’a pas permis de révéler la véritable richesse du site : cinq espèces protégées oubliées, de nombreuses stations d’espèces protégées non prises en compte, 40 mares non expertisées, des habitats patrimoniaux d’intérêt européen sous-estimés, une absence d’analyse des rôles de réservoir de biodiversité et de corridor biologique. Ces manquements ont gravement faussé l’analyse des impacts, entraînant une dépréciation des enjeux réels et des prises de décisions incohérentes avec la réglementation environnementale.

 

Un site de nature ordinaire ?
C'est cet à priori de départ qui a conduit à fausser l'ensemble des inventaires et des analyses menés par les bureaux d'études. Pourtant après trois ans d'inventaires et d'analyses des dossiers réglementaires, le constat est sans appel, le site de la ZAD est un réservoir de biodiversité d'une grande importance, il représente l'un des dernier bocages humides de l'ouest de la France.

 

11 habitats d’intérêt communautaire sont présents sur le site de Notre-Dame-des-Landes pour comparaison, 6 habitats d’intérêt communautaire sont présents à Grand-Lieu, 12 en Grande Brière et marais de Donges, 4 sur le site forêt, étang de Vioreau et de la Provostière et 16 dans les marais de l’Erdre1.
Un réseau de haies et de mares exceptionnel, avec une densité de 119 mètres de haies par hectare et 13,7 mares par km², ce qui fait de ce bocage humide le plus dense de toute la région.

 

Un point très important : l’état de conservation des habitats sur la ZAD est globalement bon et surtout il ne souffre pas de la présence d’espèces invasives (les jussies et l’écrevisse américaine) contrairement à la plupart des autres grandes zones humides du département que sont les sites Natura 2000 de Brière, de l’Erdre du Lac de Grand-Lieu et des marais de la Basse-Loire.
10 espèces animales sont inscrites à l’annexe 2 de la directive habitat et nécessitent la désignation de zones spéciales de conservation pour leur préservation. Pour comparaison, 10 espèces « annexe 2 » sont présentes à Grand-Lieu. C’est donc une erreur de croire que la destruction de ces populations n’aura pas d’impact.
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  Mare riche en groupements aquatiques et amphibies d'intérêt européen

 

Des espèces banales ? Assurément non !

Nous sommes en présence de plusieurs populations d’importance régionale, notamment pour la grenouille agile, le campagnol amphibie, le lézard vivipare, le triton marbré, mais aussi pour le triton de Blasius, qui n’a d’ailleurs pas été pris en compte dans les dossiers réglementaires. Pour la grenouille agile, le site est même considéré d'importance nationale !
Par ailleurs, les Naturalistes en lutte ont notamment découvert plusieurs dizaines d’espèces nouvelles pourle département de Loire-Atlantique et pour la région Pays de la Loire ; et même 5 qui n’avaient jamais été répertoriées en France.

Fiche-22-image-2

  Nous sommes en présence de la plus importante population connue à ce jour
à l’échelle nationale pour la grenouille agile !

 

Une zone majeure pour la vie aquatique

Alors que les bureaux d'études réalisaient leurs inventaires piscicoles en période d'assec et en conséquence concluaient à un faible intérêt de la zone (zéro espèce inventoriée). Les Naturalistes en lutte en ont inventorié sept.
En parallèle, après étude des cours d'eau du bassin versant amont du Gesvres, la Fédération départementale de pêche montrait que le ruisseau du Moulin de la Rivière qui prend sa source sur la ZAD, représentait le meilleur potentiel reproductif pour la truite fario (espèce protégée au niveau européen) et le qualifiait de ruisseau pépinière. (figure ci-contre).

Bassin versant de Gesvres (44)
  La station Gesvres 6 correspond au ruisseau du Moulin de la Rivière qui prend sa source sur la ZAD

 

Le mensonge du déplacement
Une autre idée fausse souvent reprise porte sur le déplacement des espèces. Nous tenons à rappeler que parmi plus de 2 000 espèces inventoriées, 146 sont protégées et que seuls quelques individus de 3 espèces seraient déplacés. Il ne s’agit que d’une expérimentation pour mieux connaître leur biologie… Cela ne représente ni une mesure de réduction, ni une mesure de compensation mais bien une opération de communication ! Les travaux entraîneraient la destruction de dizaines de milliers d’individus d’espèces protégées et la disparition définitive de leurs habitats.

L'illusion de la compensation
Ces milieux naturels, en particulier l'ensemble des talus, prairies, landes et communautés aquatiques oligotrophes, sont issus de pratiques agricoles extensives séculaires et sont liés à l'histoire et la géologie du site. Ils ne peuvent pas être compensés.

 

Plus de 2.000 espèces ont été inventoriées, plus de 146 espèces protégées dont 10 inscrites à l'annexe 2 de la directive Habitats, des dizaines d'espèces nouvelles pour le département, pour la région et même cinq espèces nouvelles pour la France.

 

On nous explique qu’il y aura des compensations, mais comment compenser ce que l’on ne connaît pas ? Objectivement personne n’est capable d’affirmer qu’en détruisant les milieux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on ne va pas détruire le dernier site hébergeant ces espèces en France.

mâle de triton marbré

  Mâle de triton marbré

Les maîtres d'ouvrages et leurs bureaux d’études ont créé une méthode de compensation inédite, afin de contourner les lois de protection de la nature. Leur idée, est de donner une valeur chiffrée à une partie de la biodiversité et une valeur chiffrée à des actions de compensation. De cette façon, on peut détruire des espèces protégées et pour équilibrer, planter une haie ! Pour mémoire, cette méthode a été invalidée par la commission scientifique mise en place en 2013, mais malgré tout, les juges considèrent que les procédures sont suivies, alors peu importe, l’illusion continue.

Reconquérir la biodiversité !

L’homogénéisation des milieux s’est accélérée au XXe siècle2, avec 70 % du linéaire de haies arrachées. À titre d’exemple, entre 1975 et 1987, le linéaire de haies détruit par an est d’environ 45 000 km. Durant ce même siècle en France, 90 % des mares disparaissent, 70 % des zones humides sont asséchées, dont 50 % ces trente dernières années. Dans ce contexte et malgré les engagements internationaux pris, alors même que le gouvernement travaille sur un projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, comment peut-on sacrifier ce bien commun au profit d'une multinationale et de la spéculation immobilière ? Alors que sur place des familles, des agriculteurs et de nombreux « nouveaux habitants » sont prêts à continuer à faire vivre ce territoire en cohérence avec l'ensemble des êtres vivants, une partie de nos élus continuent à soutenir ce projet, symbole d'un développement non durable et de politiques sans cohérences et sans visions pour l'avenir. Plus sur https://naturalistesenlutte.wordpress.com/

 

 

Mise à jour du 11/06/2016

 


(1) :  sources : Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) et Museum National d'Histoire Naturelle (MNHN)

(2) : Ensemble des références de ce paragraphe : Pointereau & Coulon, 2006 ; Pointereau, 2001 ; Monot, 2003 ; Boissinot et al., 2006
08
Janvier

La ZAD – un site naturel pour l'avenir ?

Publié dans Communiqués de presse

Une richesse comparable aux sites Natura 2000 du département

Après trois ans d’inventaires, les résultats obtenus sont saisissants, la richesse inventoriée sur la ZAD est comparable aux autres sites Natura 2000 du département !

11 Habitats d'intérêt communautaire sont présents sur le site de Notre-Dame-des-Landes pour comparaison, 6 Habitats d'intérêt communautaire sont présents à Grand-Lieu, 12 en Grande Brière et marais de Donges, 4 sur le site forêt, étang de Vioreau et de la Provostière et 16 dans les marais de l'Erdre, (sources : INPN MNHN).

Un point très important : l’état de conservation des habitats sur la ZAD est globalement bon et surtout il ne souffre pas de la présence d’espèces invasives (les jussies et l’écrevisse américaine) contrairement à la plupart des autres grandes zones humides du département que sont les sites Natura 2000 de Brière, de l’Erdre, ou du Lac de Grand-Lieu.

14 espèces animales sont inscrites à l’annexe 2 de la directive habitat dont 4 nécessitent la désignation de zones spéciales de conservation pour leur préservation. C’est donc une erreur de croire que la destruction de ces populations n’aura pas d’impact.

Des espèces banales ? Assurément non !

On entend parfois dire que les espèces présentes à Notre-Dame-des-Landes sont banales. C’est faux !

Nous sommes en présence de plusieurs populations d’importance régionale, notamment pour le Campagnol amphibie, le Lézard vivipare, le Triton marbré, mais aussi pour le Triton de Blasius, qui n’a d’ailleurs pas été pris en compte dans les dossiers réglementaires.
Par ailleurs, nous avons notamment découvert plusieurs dizaines d’espèces nouvelles pour le département de Loire-Atlantique et pour la région Pays de la Loire ; et même 5 qui n’avaient jamais été répertoriées en France.

On nous explique qu’il y aura des compensations, mais comment compenser ce que l’on ne connaît pas ? Objectivement personne n'est capable d'affirmer qu'en détruisant les milieux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, on ne va pas détruire le dernier site hébergeant ces espèces en France !

Le déplacement d'espèces, un mensonge marketing !

Une autre idée fausse souvent reprise, porte sur le déplacement des espèces. Nous tenons à rappeler que parmi plus de 1 500 espèces inventoriées, 130 sont protégées et que seuls quelques individus de 3 espèces seraient déplacés. Il ne s’agit que d’une expérimentation pour mieux connaître leur biologie...  Cela ne représente ni une mesure de réduction, ni une mesure de compensation mais bien une opération de communication. Les travaux entraîneraient la destruction de dizaines de milliers d’individus d’espèces protégées et la disparition définitive de leurs habitats.

Cinq espèces protégées non prises en compte dans les dossiers réglementaires

Pour finir rappelons un point essentiel : au moins 5 espèces protégées n’ont pas été prises en compte dans les dossiers réglementaires. Ni observées ou recherchées par les bureaux d’études, elles n’ont donc pas été évaluées dans les dossiers. Par conséquent, aucune demande de dérogation pour la destruction de ces espèces protégées n’a été faite. Puisque la préfecture de Loire-Atlantique et le ministère de l’écologie en ont été informés et que nous sommes dans un état de droit, les travaux ne peuvent pas commencer.

La non-prise en compte de ces 5 espèces protégées dans le projet d’aéroport nécessite la réouverture du dossier et la réévaluation du projet.

En tant que naturalistes, nous voulons tout mettre en œuvre pour éviter la destruction de milieux naturels, d’autant plus que l’Atelier citoyen de Nantes a démontré que d’autres solutions existaient.
Nous appelons toutes les personnes soucieuses de la préservation de la nature en France à manifester leur opposition au projet en cas de démarrage des travaux.

Nous appelons aussi à participer à la grande journée de mobilisation le samedi 9 janvier 2016 organisée par des composantes de la lutte contre l'aéroport.

Nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous le 31 janvier 2016 dans le cadre de la journée mondiale des zones humides
pour venir à la rencontre des habitant-e-s des zones humides de Notre-Dame-des-Landes qui ne comptent pas en déménager !

Pour finir nous citerons Jean-Marie Pelt : « il faut repenser les rapports humains à la nature, les sociétés humaines ne peuvent pas vivre en méprisant les écosystèmes. »

 

Les sons du point de presse

http://www.kalzadud.fr/perche/index.php?post/2016/01/07/Conf%C3%A9rence-de-presse-des-Naturalistes-en-lutte

 

 


Notre-Dame-des-Landes : Conférence de presse des naturalistes

 



Témoignage : Fabrice Nicolino rescapé de Charlie Hebdo

26
Janvier

Dimanche 31 janvier - Journée mondiale des zones humides

Publié dans Communiqués de presse

2016-01-31 JMZH H-Ronne 680pixDécouverte des richesses de Notre-Dame-des-Landes


Comme chaque année à l’occasion de la journée mondiale des zones humides, les Naturalistes en lutte invitent à la découverte des prairies, des landes, des talus et des bois. Dans les mares le peuple libre des crapauds, grenouilles et tritons commencent la cérémonie des amours dans leur mare et ne compte pas en déménager.

Le thème de l’année 2016 correspond à la démarche qui doit être appliquée à Notre-Dame-des-Landes : « Les zones humides pour notre avenir : modes de vie durables, ou comment conserver et restaurer les écosystèmes humides dans l’intérêt de la vie humaine et du milieu naturel ».


Rendez-vous à 10 h place de l’Église. Bottes indispensables.
 
Photo libre de droits : Hervé Ronné.

11
Novembre

La vérité est décidément insupportable à certains

Publié dans Communiqués de presse

Communiqué du CéDpa - 9 novembre 2016

 

 

Depuis lundi les réactions des pro-aéroport montrent combien la vérité peut être insupportable à certains. Ce ne sont que cris d’orfraie et critiques virulentes envers la rapporteure, qui a osé remettre en cause la légalité de leur mauvais projet… Il y aurait un véritable florilège de mauvaise foi, voire de quasi insulte à magistrat à faire avec les propos du maire de St-Nazaire, de l’ancien vice-président aux transports de la Région, du maire de St-Aignan ou du Ministre des affaires étrangères, élus pour qui, sans doute, la justice est une « vicissitude » sur le cheminement d’un projet.

 

Si ces messieurs avaient pris la peine de venir à l’audience, ils auraient entendu un véritable raisonnement, fondé sur le droit national et européen. Mais de même qu’ils n’ont jamais pris la peine de se plonger dans le dossier réel de l’aéroport, de même ils ne connaissent la loi sur l’eau et les directives européennes que de nom et les trouvent bien ennuyeuses lorsqu’elles les empêchent de faire ce qu’ils veulent. Ce qui est plutôt gênant pour de soi-disant « responsables » politiques…

 

Quant aux élus nationaux qui continuent à pérorer sans rien connaître au dossier, en prétendant que la consultation de juin a réglé la question, de François Fillon à Nicolas Sarkozy (ancien avocat...), en passant par Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg (ancien avocat...), qu’ils réfléchissent donc un peu avant de parler : une consultation pour avis ne supprime pas les recours juridiques par enchantement et ne confère pas de légalité à un mauvais projet. C’est ce que la Cour d’appel administrative pourrait bien leur rappeler si elle suit les conclusions de la rapporteure, comme nous l’espérons.

 

 

Lire aussi : NDDL. La rapporteure publique de la Cour d'appel cible de critiques - Ouest-France, 8/11/2016

 

A propos

Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d'Aéroport de Notre Dame des Landes Association luttant contre la création d'un autre aéroport à Nantes (Loire Atlantique), sur les communes de Notre Dame des Landes, Grandchamp des Fontaines, Vigneux de Bretagne et Treillières

Autocollant Acipa 2012 fond-gris

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